Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
lorsqu’ils en avaient la possibilité, comme au AI lab, ils préféraient
travailler sans obstacle et se livrer à d’autres activités de hacking.
En l’absence de système de sécurité, nul besoin de le briser.
C’est en hommage au talent prodigieux de ces hackers originels
que leurs successeurs, Richard M. Stallman compris, cherchèrent
à perpétuer cette identité. Dans la deuxième moitié des années
1970, le terme « hacker » avait acquis une connotation élitiste. Au
sens général, un hacker informatique désignait quiconque écrivait
du code pour le seul intérêt d’écrire du code. Mais plus particulièrement, cela impliquait une reconnaissance en termes de virtuosité
en programmation. Tout comme le mot « artiste », le terme « hacker » comportait une connotation tribale. Qualifier un autre programmeur de hacker était un signe de respect. Se décrire comme
hacker faisait montre d’une très grande confiance en soi. Toujours
est-il que la flexibilité originelle du mot diminua à mesure que les
ordinateurs se démocratisaient.
Tout en voyant sa définition se restreindre, le hacking informatique se vit doté de nouvelles connotations sémantiques. Les
hackers du AI Lab avaient en effet de nombreux points en commun : la cuisine chinoise, le rejet du tabac, de l’alcool et de toute
autre drogue addictive. Ces caractéristiques finirent par s’ajouter
à l’identité perçue du hacker, tandis que la communauté exerçait
son influence sur les nouveaux venus, sans exiger pour autant de
s’y conformer. Toutefois, cet arrière-sens culturel disparut avec la
communauté hacker du MIT. À cet égard, la plupart des hackers
d’aujourd’hui sont le reflet de la société qui les entoure.
Par ailleurs, lorsque dans les institutions d’élite, comme au
MIT, à Stanford et à Carnegie Mellon, les hackers discutaient des
hacks qu’ils admiraient le plus, ils prenaient en compte les règles
qui les sous-tendaient, commençant à parler ouvertement d’une
« éthique hacker » : les règles non écrites du comportement quotidien du hacker. Ainsi, en 1984, le livre Hackers, de Steven Levy,
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