À propos du terme hacker
de l’innovation amenée par la programmation. Le jeu était aussi
entièrement libre. Les hackers l’ayant réalisé pour le plaisir, ils ne
voyaient pas de raison de cacher leur création et la partageaient
largement avec les autres programmeurs. À la fin des années 1960,
Spacewar était devenu la distraction des développeurs du monde
entier, pour peu qu’ils aient disposé d’un affichage graphique, ce
qui était encore assez rare.
Cette notion d’innovation collective et de propriété commune
des logiciels éloigna le hacker informatique des années 1960 des
hackers téléphoniques ou spéléos des années 1950. À l’époque, en
effet, il s’agissait davantage d’un acte individuel ou réalisé par
un petit groupe, car les hackers spéléos et téléphoniques avaient
beau utiliser l’équipement du campus comme matière première,
la nature illégale de ces activités décourageait la divulgation des
nouvelles découvertes. Cependant, les hackers informatiques travaillaient dans un environnement scientifique basé sur la collaboration et la récompense de l’innovation. Et si les informaticiens « officiels » ne furent pas toujours leurs meilleurs amis, avec l’évolution
rapide de leur domaine d’étude, les deux espèces évoluèrent vers
une relation de coopération, que certains qualifient même de symbiose.
En revanche, les hackers montraient peu de respect pour les
règles bureaucratiques. Pour eux, les systèmes de sécurité qui bloquaient l’accès aux machines n’étaient qu’un bogue comme un
autre… un bogue qu’il fallait retravailler et corriger autant que
possible. Ainsi, briser un système de sécurité (sans mauvaise intention) fut l’une de leurs activités notoires dans les années 1970,
savoir-faire très utile à la fois pour leurs facéties (les victimes pouvaient alors dire : « Quelqu’un est en train de me ‘hacker’ ! ») et
pour l’accès aux machines en soi. Cette activité n’était pourtant
pas le cœur de l’esprit hacker. Face à un système de sécurité, les
hackers étaient fiers de montrer leur esprit apte à le dépasser ; mais
305
de l’innovation amenée par la programmation. Le jeu était aussi
entièrement libre. Les hackers l’ayant réalisé pour le plaisir, ils ne
voyaient pas de raison de cacher leur création et la partageaient
largement avec les autres programmeurs. À la fin des années 1960,
Spacewar était devenu la distraction des développeurs du monde
entier, pour peu qu’ils aient disposé d’un affichage graphique, ce
qui était encore assez rare.
Cette notion d’innovation collective et de propriété commune
des logiciels éloigna le hacker informatique des années 1960 des
hackers téléphoniques ou spéléos des années 1950. À l’époque, en
effet, il s’agissait davantage d’un acte individuel ou réalisé par
un petit groupe, car les hackers spéléos et téléphoniques avaient
beau utiliser l’équipement du campus comme matière première,
la nature illégale de ces activités décourageait la divulgation des
nouvelles découvertes. Cependant, les hackers informatiques travaillaient dans un environnement scientifique basé sur la collaboration et la récompense de l’innovation. Et si les informaticiens « officiels » ne furent pas toujours leurs meilleurs amis, avec l’évolution
rapide de leur domaine d’étude, les deux espèces évoluèrent vers
une relation de coopération, que certains qualifient même de symbiose.
En revanche, les hackers montraient peu de respect pour les
règles bureaucratiques. Pour eux, les systèmes de sécurité qui bloquaient l’accès aux machines n’étaient qu’un bogue comme un
autre… un bogue qu’il fallait retravailler et corriger autant que
possible. Ainsi, briser un système de sécurité (sans mauvaise intention) fut l’une de leurs activités notoires dans les années 1970,
savoir-faire très utile à la fois pour leurs facéties (les victimes pouvaient alors dire : « Quelqu’un est en train de me ‘hacker’ ! ») et
pour l’accès aux machines en soi. Cette activité n’était pourtant
pas le cœur de l’esprit hacker. Face à un système de sécurité, les
hackers étaient fiers de montrer leur esprit apte à le dépasser ; mais
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