Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
du chemin de fer signifiait en avoir un de plus sous la main pour
s’amuser plus tard. Le sens de hacking évolua subtilement d’un
synonyme de « passe-temps » à celui de « passe-temps améliorant la performance ou l’efficacité générale du système du Railroad
Club ». Bientôt, les membres du comité S&P firent fièrement usage
du mot hacking pour désigner l’activité entière d’amélioration et
de remodelage du circuit électrique du chemin de fer, et ils nommèrent hackers ceux qui pratiquaient cette activité.
Étant donnée leur affinité pour l’électronique sophistiquée —
sans parler de la défiance traditionnelle de l’étudiant du MIT face
aux portes fermées et aux « accès interdits », il fallut peu de
temps aux hackers pour avoir vent de la présence d’une nouvelle
machine sur le campus. Baptisée TX-0, il s’agissait de l’un des
tout premiers ordinateurs commercialisés. À la fin des années 1950,
toute la bande de S&P avait migré en masse vers la salle de contrôle
de la machine, apportant son esprit de jeu créatif.
Le royaume grand ouvert de la programmation allait entraîner
une nouvelle mutation étymologique. « Hacker » ne signifiait alors
plus assembler des bouts de circuits disparates les uns avec les
autres, mais concocter des programmes informatiques sans prêter
attention aux procédures d’écriture « officielles ». Cela impliquait
aussi la capacité d’améliorer des logiciels existants tendant à accaparer trop de ressources système. Et fidèle à l’origine du terme,
cela voulait dire aussi écrire des programmes sans autre utilité que
celle de s’amuser.
Un exemple classique de cette definition étendue du hacking
est Spacewar, le premier jeu vidéo sur ordinateur. Développé par
des hackers du MIT au début des années 1960, Spacewar possédait toutes les caractéristiques du hacking traditionnel : c'était
un jeu sans objectif précis, sinon de fournir un passe-temps nocturne à la douzaine de hackers qui adoraient y jouer. D’un point
de vue strictement logiciel, cependant, c’était un témoin magistral
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