À propos du terme hacker
Avec ses myriades de couloirs et de conduits de ventilation souterrains, l’institution offrait de nombreux endroits à explorer pour
l’étudiant qui ne se laissait pas intimider par les portes fermées
ou les panneaux « entrée interdite ». Les étudiants commencèrent
à nommer « spéléo-hacking » 5 leurs explorations hors-piste. Audessus du niveau du sol, le système téléphonique du campus offrait
des possibilités similaires. Entre expérimentation informelle et diligence de rigueur, les étudiants apprirent à jouer toutes sortes de
tours. S’inspirant de la plus traditionnelle course dans les souterrains, les étudiants nommèrent vite cette nouvelle activité « hack
téléphonique » 6 .
C’est ce mélange de jeu créatif et d’exploration sans restriction
qui allait servir de fondement aux mutations ultérieures du terme
hacker. Les premiers à se décrire eux-mêmes comme des hackers
de l’informatique sur le campus du MIT au début des années 1960
avaient fait partie d’un groupe d’étudiants appelé le Tech Model
Railroad Club 7 à la fin des années 1950. Parmi eux, on trouvait la
fine équipe du Signals and Power (S&P) Committee, à l’origine du
circuit électrique alimentant le Railroad Club. Le circuit lui-même
était un agencement sophistiqué de relais et de commutateurs similaires à ceux qui contrôlaient le central téléphonique du campus.
Pour le diriger, un des membres du groupe n’avait qu’à composer
les commandes sur un téléphone pour voir les trains obéir à ses
ordres.
Les jeunes ingénieurs électriciens responsables de la construction de ce système voyaient dans leur activité un esprit proche de
celui du « hacking téléphonique ». En adoptant le terme hacking,
ils en affinèrent encore davantage les contours. Pour les hackers
de S&P, utiliser un relais de moins pour commander une partie
5. Tunnel-hacking, en anglais — NdT.
6. Phone-hacking, en anglais — NdT.
7. Il s’agit d’un club de modélisme ferroviaire — NdT.
303
Avec ses myriades de couloirs et de conduits de ventilation souterrains, l’institution offrait de nombreux endroits à explorer pour
l’étudiant qui ne se laissait pas intimider par les portes fermées
ou les panneaux « entrée interdite ». Les étudiants commencèrent
à nommer « spéléo-hacking » 5 leurs explorations hors-piste. Audessus du niveau du sol, le système téléphonique du campus offrait
des possibilités similaires. Entre expérimentation informelle et diligence de rigueur, les étudiants apprirent à jouer toutes sortes de
tours. S’inspirant de la plus traditionnelle course dans les souterrains, les étudiants nommèrent vite cette nouvelle activité « hack
téléphonique » 6 .
C’est ce mélange de jeu créatif et d’exploration sans restriction
qui allait servir de fondement aux mutations ultérieures du terme
hacker. Les premiers à se décrire eux-mêmes comme des hackers
de l’informatique sur le campus du MIT au début des années 1960
avaient fait partie d’un groupe d’étudiants appelé le Tech Model
Railroad Club 7 à la fin des années 1950. Parmi eux, on trouvait la
fine équipe du Signals and Power (S&P) Committee, à l’origine du
circuit électrique alimentant le Railroad Club. Le circuit lui-même
était un agencement sophistiqué de relais et de commutateurs similaires à ceux qui contrôlaient le central téléphonique du campus.
Pour le diriger, un des membres du groupe n’avait qu’à composer
les commandes sur un téléphone pour voir les trains obéir à ses
ordres.
Les jeunes ingénieurs électriciens responsables de la construction de ce système voyaient dans leur activité un esprit proche de
celui du « hacking téléphonique ». En adoptant le terme hacking,
ils en affinèrent encore davantage les contours. Pour les hackers
de S&P, utiliser un relais de moins pour commander une partie
5. Tunnel-hacking, en anglais — NdT.
6. Phone-hacking, en anglais — NdT.
7. Il s’agit d’un club de modélisme ferroviaire — NdT.
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