Épilogue de Sam Williams : une écrasante solitude
Quand je rentrai à Oakland, j’appelai divers journalistes, amis
ou fréquentations. Je leur racontai mes misères. La plupart me
tancèrent pour en avoir trop cédé à Stallman dans la négociation
préliminaire.
Ceux qui ont lu le livre savent à présent que jamais je n’aurais
cédé sur ces conditions.
Un ancien professeur en école de journalisme me suggéra
d’ignorer le commentaire de Stallman sur l’hypocrisie et d’écrire
mon histoire malgré tout. Ceux connaissant Stallman et son sens
des médias m’exprimèrent leur sympathie, mais tous offraient la
même réponse : à toi de voir.
Je décidai de mettre le livre en attente. Malgré les entretiens, je
n’avançais pas. Par ailleurs, cela me donna l’opportunité de parler
à Tracy sans avoir d’abord à passer par Henning. Aux alentours
de Noël, nous nous partagions les visites : tantôt elle venait sur la
côte Ouest, tantôt j’allais à New York. Le jour précédant la nouvelle année, je lui fis ma demande. Décidant où nous installer, je
choisis de venir à New York. En février, j’emballai mon ordinateur
portable et toutes mes notes préliminaires liées à la biographie de
Stallman, et nous nous envolâmes pour l’aéroport JFK. Nous nous
mariâmes le 11 mai. Merci aux contrats d’édition ratés.
Durant l’été, je commençai à arranger les notes de mes entretiens sous la forme d’un article pour un magazine. D’un point
de vue éthique, je me sentais en droit de le faire, puisque les
termes originaux encadrant ces documents ne stipulaient rien pour
la presse papier traditionnelle. Pour être tout à fait honnête, j’étais
aussi plus à l’aise pour écrire sur Stallman après huit mois de silence radio. Depuis notre conversation téléphonique en septembre,
je n’avais reçu que deux courriers électroniques de sa part. Les
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