Épilogue de Sam Williams : une écrasante solitude
À la suite de cette réunion, mon agent et moi nous installâmes
dans un pub de la troisième avenue. J’utilisai son téléphone cellulaire pour appeler Stallman, laissant un message comme personne
ne décrochait. Henning s’en alla un instant, me laissant le temps de
mettre mes idées au clair. Quand il revint, il tenait son téléphone
à la main. « C’est Stallman », dit-il.
La conversation prit mauvaise tournure dès le début. Je relayai
à Stallman le commentaire de Tracy concernant les obligations
contractuelles de l’éditeur.
« Et alors ? dit Stallman abruptement. En quoi est-ce que leurs
obligations contractuelles devraient m’intéresser ? »
« Parce que demander à une grosse maison d’édition de prendre
le risque d’une bataille juridique avec ses distributeurs, juste pour
un livre électronique de 30 000 mots, semble exagéré », suggérai-je.
Williams partait alors du principe implicite que je ne pourrais
refuser par principe.
« Tu ne comprends donc pas ? dit Stallman. C’est exactement
la raison pour laquelle je fais ça. Je veux une victoire qui soit un
message. Je veux qu’ils aient à faire un choix entre les libertés et
leurs pratiques commerciales habituelles. »
Alors que les mots « une victoire qui soit un message » faisaient
écho dans ma tête, je sentis mon attention s’envoler momentanément vers le trafic piétonnier sur le trottoir. En rentrant dans le
bar, j’avais constaté avec joie que le lieu était à moins d’un bloc du
carrefour immortalisé par la chanson des Ramones en 1976, « 53rd
and 3rd », une chanson que j’avais toujours aimé jouer lorsque
j’étais musicien. Tel le gigolo éternellement frustré que décrit la
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À la suite de cette réunion, mon agent et moi nous installâmes
dans un pub de la troisième avenue. J’utilisai son téléphone cellulaire pour appeler Stallman, laissant un message comme personne
ne décrochait. Henning s’en alla un instant, me laissant le temps de
mettre mes idées au clair. Quand il revint, il tenait son téléphone
à la main. « C’est Stallman », dit-il.
La conversation prit mauvaise tournure dès le début. Je relayai
à Stallman le commentaire de Tracy concernant les obligations
contractuelles de l’éditeur.
« Et alors ? dit Stallman abruptement. En quoi est-ce que leurs
obligations contractuelles devraient m’intéresser ? »
« Parce que demander à une grosse maison d’édition de prendre
le risque d’une bataille juridique avec ses distributeurs, juste pour
un livre électronique de 30 000 mots, semble exagéré », suggérai-je.
Williams partait alors du principe implicite que je ne pourrais
refuser par principe.
« Tu ne comprends donc pas ? dit Stallman. C’est exactement
la raison pour laquelle je fais ça. Je veux une victoire qui soit un
message. Je veux qu’ils aient à faire un choix entre les libertés et
leurs pratiques commerciales habituelles. »
Alors que les mots « une victoire qui soit un message » faisaient
écho dans ma tête, je sentis mon attention s’envoler momentanément vers le trafic piétonnier sur le trottoir. En rentrant dans le
bar, j’avais constaté avec joie que le lieu était à moins d’un bloc du
carrefour immortalisé par la chanson des Ramones en 1976, « 53rd
and 3rd », une chanson que j’avais toujours aimé jouer lorsque
j’étais musicien. Tel le gigolo éternellement frustré que décrit la
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