Épilogue de Sam Williams : une écrasante solitude
sous une (double) licence, un peu comme Sun Microsystems l’avait
fait avec OpenOffice.org, la suite bureautique libre ? L’éditeur aurait pu ensuite publier des versions du livre électronique restreintes
par DRM au format maison, tirant avantage des revenus qui venaient avec le logiciel dédié, tout en publiant une version copiable
dans un format HTML moins esthétique.
Williams avait ici écrit à tort « commerciales », mais c’était
inexact, puisque commercial signifie « à but de commerce ». Toutes
ces versions seraient commerciales dès lors qu’elles seraient publiées
par un éditeur.
Stallman dit qu’il ne s’opposait pas à l’idée d’une double licence, mais qu’il n’aimait pas l’idée de diffuser la version librement copiable dans une qualité inférieure. Par ailleurs, dit-il, à la
réflexion, ce cas était différent car il avait un moyen de contrôler
le résultat : il pouvait refuser de coopérer.
La question était de savoir si je serais en tort d’accepter une
version restreinte. Je peux cautionner la version libre OpenOffice de
Sun, car c’est du logiciel libre et beaucoup mieux que rien, tout en
rejetant la version non libre. Il n’y a de ma part aucune contradiction, car Sun n’avait pas besoin de mon accord pour cette version
non libre — et ne me l’a pas demandé ; je n’étais pas responsable
de l’existence de cette version. Dans le cas présent, si je donnais
mon accord pour la version non librement copiable, c’était de ma
responsabilité.
Je fis quelques autres suggestions sans grand effet. La seule
chose que je pus à peu près obtenir de lui fut une concession sur
le fait que la licence du livre électronique restreigne à une redistribution non commerciale toute forme d’échange du fichier.
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