Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
À mon arrivée à New York, je rencontrai mon agent, Henning
Guttman. C’était notre premier entretien face à face, et Henning
semblait pessimiste concernant nos chances de forcer un compromis du côté de l’éditeur. Les grandes maisons d’édition bien établies considéraient le format du livre électronique avec déjà suffisamment de suspicion, et n’étaient pas dans un état d’esprit idéal
pour expérimenter des innovations de copyright qui permettaient
plus facilement au lecteur de ne pas payer.
Cependant, en tant qu’agent spécialisé dans les ouvrages techniques, Henning était intrigué par la nature inédite de mon problème. Je lui parlai des deux entretiens que j’avais déjà collectés
et de la promesse faite à Stallman de ne pas publier le livre d’une
manière qui le « ferait apparaître comme un hypocrite ». Convenant que j’étais lié du point de vue éthique, Henning suggéra d’en
faire notre argument de négociation.
En opposant ce fait, disait-il, nous pourrions toujours adopter
la stratégie du bâton et de la carotte. La carotte serait la publicité
qui viendrait avec la publication d’un livre électronique respectant
l’éthique de la communauté des hackers. Le bâton serait l’ensemble
des risques encourus s’il ne la respectait pas.
Neuf mois avant que l’affaire Dmitri Sklyarov ne devienne célèbre sur l’Internet, nous savions que viendrait tôt ou tard le moment où un programmeur entreprenant révèlerait comment craquer les livres électroniques. Nous savions aussi que voir une
grande maison d’édition publier un livre électronique verrouillé
par chiffrement et dont le sujet était Richard M. Stallman équivalait à lui apposer une couverture proclamant « Volez ce livre
électronique ».
Après ma rencontre avec Henning, j’appelai Stallman. Espérant rendre la carotte encore plus appétissante, je discutai avec lui
de certains compromis potentiels. Et si l’éditeur publiait le livre
284
À mon arrivée à New York, je rencontrai mon agent, Henning
Guttman. C’était notre premier entretien face à face, et Henning
semblait pessimiste concernant nos chances de forcer un compromis du côté de l’éditeur. Les grandes maisons d’édition bien établies considéraient le format du livre électronique avec déjà suffisamment de suspicion, et n’étaient pas dans un état d’esprit idéal
pour expérimenter des innovations de copyright qui permettaient
plus facilement au lecteur de ne pas payer.
Cependant, en tant qu’agent spécialisé dans les ouvrages techniques, Henning était intrigué par la nature inédite de mon problème. Je lui parlai des deux entretiens que j’avais déjà collectés
et de la promesse faite à Stallman de ne pas publier le livre d’une
manière qui le « ferait apparaître comme un hypocrite ». Convenant que j’étais lié du point de vue éthique, Henning suggéra d’en
faire notre argument de négociation.
En opposant ce fait, disait-il, nous pourrions toujours adopter
la stratégie du bâton et de la carotte. La carotte serait la publicité
qui viendrait avec la publication d’un livre électronique respectant
l’éthique de la communauté des hackers. Le bâton serait l’ensemble
des risques encourus s’il ne la respectait pas.
Neuf mois avant que l’affaire Dmitri Sklyarov ne devienne célèbre sur l’Internet, nous savions que viendrait tôt ou tard le moment où un programmeur entreprenant révèlerait comment craquer les livres électroniques. Nous savions aussi que voir une
grande maison d’édition publier un livre électronique verrouillé
par chiffrement et dont le sujet était Richard M. Stallman équivalait à lui apposer une couverture proclamant « Volez ce livre
électronique ».
Après ma rencontre avec Henning, j’appelai Stallman. Espérant rendre la carotte encore plus appétissante, je discutai avec lui
de certains compromis potentiels. Et si l’éditeur publiait le livre
284
