Le combat vers la liberté
Reste qu’il est facile de concevoir un futur où ses idées finiraient
au rebut.
Dans le texte original, Sam Williams a ajouté à la fin de ce
paragraphe : « En façonnant la cause du logiciel libre non pas
comme un mouvement de masse, mais comme une collection de
batailles personnelles contre les forces de la tentation des logiciels
privateurs ». Cela ne correspond pas aux faits. Dès la première
annonce du projet GNU, j’ai demandé au public de soutenir la
cause. Le mouvement pour le logiciel libre a vocation à devenir
un mouvement de masse. Tout dépend de savoir à partir de combien de supporters vous définissez le mot « masse ». En 2009, la
Free Software Fondation compte quelques 3 000 membres à jour de
leurs coûteuses cotisations, et plus de 20 000 abonnés à la lettre
électronique mensuelle.
Mais c’est peut-être cette volonté inébranlable qui pourrait se
révéler son plus grand leg. Moglen, observateur privilégié durant
les dix dernières années, met en garde ceux qui se méprennent
sur la personnalité de Stallman en la considérant comme contreproductive ou comme un simple épiphénomène au regard des « artéfacts » de sa vie. Sans cette personnalité, dit Moglen, il y aurait
eu bien peu de réalisations à considérer.
En tant qu’ancien conseiller juridique auprès de la Cour suprême des États-Unis, il ajoute : « Voyez-vous, le plus grand
homme pour qui j’avais jamais travaillé était Thurgood Marshall 10 . Je savais ce qui faisait de lui un grand homme. Je savais pourquoi il avait été capable de changer le monde dans la
mesure de ses capacités. Il serait un peu osé d’établir une comparaison, car les deux hommes ne pourraient être plus différents :
10. Juriste américain, premier Noir à avoir siégé, de 1967 à 1991, à la Cour
suprême des États-Unis.
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