Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
leader du mouvement populiste, ennemi des monopoles, et qui,
bien qu’il fût un homme puissant, semble être tombé dans l’oubli 8 .
S’il n’a pas été le premier à considérer le logiciel comme un
bien public, Stallman aura assurément une place dans les livres
d’histoire grâce à la GPL. On peut ensuite prendre du recul et
se détacher du contexte actuel : la GPL sera-t-elle toujours utilisée par les programmeurs en 2102, ou sera-t-elle reléguée aux
oubliettes depuis longtemps ? L’expression free software sera-t-elle
demain obsolète, comme l’est aujourd’hui l’expression free silver 9 ,
ou sera-t-elle considérée comme étonnamment visionnaire à la lumière des événements politiques qui auront eu lieu ?
ment inspiré la politique de Théodore Roosevelt pour la création de plusieurs
parcs naturels sur le modèle de Yellowstone (1872). Le Sierra Club qu’il fonda
en 1892 est (encore aujourd’hui) une association lobbyiste à forte influence –
NdT.
8. William Jennings Bryan (1860-1925) fut un avocat presbytérien et démocrate qui eut une forte influence dans la vie politique américaine du début
du xx e siècle. Leader du parti démocrate, il se réclamait d’un mouvement populiste résumant à lui seul l’ensemble des valeurs incarnées par « l’Américain
moyen », réactionnaire (pour la Prohibition), croyant (contre le darwinisme)
et volontaire (la crise financière de 1893 n’est pas loin). En permettant notamment à Woodrow Wilson (dont il fut le secrétaire d’État) d’accéder à la
présidence, W. J. Bryan a porté pour la première fois sur la scène politique
l’archétype américain en prise avec l’avènement du capitalisme industriel, celui
qui mena pourtant l’Amérique jusqu’à la crise de 1929 — NdT.
9. La libre frappe de l’argent fut une revendication du mouvement populiste américain, essentiellement rural, apparue vers la fin du XIX e siècle. Cette
revendication, visant à insuffler davantage de liquidités sur le marché, s’oppose
au choix de l’étalon or comme unique monnaie de référence : la spéculation
sur la rareté de l’or provoquant une hausse de l’endettement des agriculteurs,
ces derniers réclament donc un étalon argent qui circulerait plus rapidement
pour accroître l’accès au crédit. William Jenning Bryan (voir plus haut) fut
l’un des porte-parole populistes qui soutenaient cet argument. La croisade Free
Silver traversa les crises successives jusqu’à la Conférence de Bretton Woods
qui changea le système après la Seconde Guerre mondiale : chaque monnaie
se vit attribuer une parité fixe par rapport à l’or, ce qui rendit le mouvement
obsolète — NdT.
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leader du mouvement populiste, ennemi des monopoles, et qui,
bien qu’il fût un homme puissant, semble être tombé dans l’oubli 8 .
S’il n’a pas été le premier à considérer le logiciel comme un
bien public, Stallman aura assurément une place dans les livres
d’histoire grâce à la GPL. On peut ensuite prendre du recul et
se détacher du contexte actuel : la GPL sera-t-elle toujours utilisée par les programmeurs en 2102, ou sera-t-elle reléguée aux
oubliettes depuis longtemps ? L’expression free software sera-t-elle
demain obsolète, comme l’est aujourd’hui l’expression free silver 9 ,
ou sera-t-elle considérée comme étonnamment visionnaire à la lumière des événements politiques qui auront eu lieu ?
ment inspiré la politique de Théodore Roosevelt pour la création de plusieurs
parcs naturels sur le modèle de Yellowstone (1872). Le Sierra Club qu’il fonda
en 1892 est (encore aujourd’hui) une association lobbyiste à forte influence –
NdT.
8. William Jennings Bryan (1860-1925) fut un avocat presbytérien et démocrate qui eut une forte influence dans la vie politique américaine du début
du xx e siècle. Leader du parti démocrate, il se réclamait d’un mouvement populiste résumant à lui seul l’ensemble des valeurs incarnées par « l’Américain
moyen », réactionnaire (pour la Prohibition), croyant (contre le darwinisme)
et volontaire (la crise financière de 1893 n’est pas loin). En permettant notamment à Woodrow Wilson (dont il fut le secrétaire d’État) d’accéder à la
présidence, W. J. Bryan a porté pour la première fois sur la scène politique
l’archétype américain en prise avec l’avènement du capitalisme industriel, celui
qui mena pourtant l’Amérique jusqu’à la crise de 1929 — NdT.
9. La libre frappe de l’argent fut une revendication du mouvement populiste américain, essentiellement rural, apparue vers la fin du XIX e siècle. Cette
revendication, visant à insuffler davantage de liquidités sur le marché, s’oppose
au choix de l’étalon or comme unique monnaie de référence : la spéculation
sur la rareté de l’or provoquant une hausse de l’endettement des agriculteurs,
ces derniers réclament donc un étalon argent qui circulerait plus rapidement
pour accroître l’accès au crédit. William Jenning Bryan (voir plus haut) fut
l’un des porte-parole populistes qui soutenaient cet argument. La croisade Free
Silver traversa les crises successives jusqu’à la Conférence de Bretton Woods
qui changea le système après la Seconde Guerre mondiale : chaque monnaie
se vit attribuer une parité fixe par rapport à l’or, ce qui rendit le mouvement
obsolète — NdT.
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