Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
est le fruit d’un exercice unidimensionnel d’étalement périurbain.
En descendant la rue principale, bordée d’une infinie succession
d’échoppes de hamburgers, d’agences immobilières et de magasins
de bikinis, difficile de ne pas se sentir comme un morceau d’acier
transitant dans le tube digestif d’un immense ver solitaire publicitaire. Un sentiment exacerbé par le manque de rues transversales.
Avec comme unique solution d’aller tout droit, le trafic avance par
à-coups. Quelque deux-cents mètres devant, un feu passe au vert.
À peine commençons-nous à avancer qu’il est de nouveau orange.
Pour Stallman, résident permanent de la côte Est, la seule
idée qu’il va passer à Hawaï la plus grande partie de cette journée
ensoleillée coincé dans les embouteillages, suffit à déclencher une
embolie.
Comme je conduisais, je prenais du retard sur mes mails, chose
insupportable pour moi qui ai déjà du mal à tenir le rythme.
D’autant plus qu’avec quelques rapides bifurcations à droite
moins d’un kilomètre auparavant, cette situation aurait pu être
évitée facilement. Malheureusement, nous sommes dépendants du
conducteur qui nous précède, un programmeur du laboratoire
connaissant le chemin et qui a décidé de nous mener à Pa’ia via
la route pittoresque, plutôt que par l’autoroute de Pilani toute
proche.
« C’est affreux, dit Stallman entre deux soupirs de frustration.
Pourquoi n’a-t-on pas pris l’autre itinéraire ? »
À nouveau, le feu passe au vert, et à nouveau, nous avançons
péniblement de quelques longueurs de voiture. Le procédé se répète
durant dix minutes supplémentaires, jusqu’à ce que nous atteignions une grande intersection promettant un accès à l’autoroute
adjacente.
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