Richard Stallman et l'open source
qualifié que ‘d’impertinent’ lorsqu’il balance des choses encore plus
désagréables sur des questions sans intérêt, ajoute-t-il, il me semble
qu’il y a alors deux poids, deux mesures. »
Cette critique controversée fit fuir momentanément un autre
sympathisant potentiel, Bruce Perens. En 1998, Eric Raymond
proposa le lancement de l’Open Source Initiative, dite OSI, une
organisation qui régulerait l’utilisation de l’expression open source
et en fournirait une définition aux entreprises souhaitant développer leurs propres programmes. Raymond engagea Perens pour en
rédiger les termes 11 .
Perens allait par la suite démissionner de l’OSI, regrettant que
l’organisation se soit mise en place en opposition à Stallman et
à la FSF. Il reste que, considérant rétrospectivement la nécessité
d’une définition du logiciel libre hors du giron de la FSF, Perens
comprend pourquoi d’autres hackers aient pu ressentir le besoin de
prendre leurs distances. « J’aime et j’admire vraiment Richard, dit
Perens. Mais je pense qu’il réussirait mieux s’il était plus mesuré.
Et cela passerait notamment par une retraite de quelques mois
hors du monde du logiciel libre. »
] ] ]
Toute l’énergie de Stallman ne pouvait contrer la dynamique
des partisans de l’open source en matière de relations publiques.
En août 1998, lorsque le fabriquant de processeurs Intel acquit des
parts de Red Hat, la société qui commercialisait GNU/Linux, un
article du New York Times décrivit l’entreprise comme un produit
du mouvement « connu alternativement comme logiciel libre et
open source » 12 . Six mois plus tard, un article de John Markoff
11. Perens, 1999
12. Harmon, 1998
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