Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
sur Apple Computer annonçait dans son titre l’adoption du serveur
« open source » Apache par l’entreprise. 13
Ce dynamisme allait coïncider avec l’importance croissante des
entreprises ayant délibérément choisi l'expression open source. En
août 1999, Red Hat, qui se prévalait volontiers de cette terminologie, vendait ses actions au Nasdaq. En décembre, VA Linux —
anciennement VA Research - voyait sa cotation en bourse battre
des sommets historiques. Ouvrant à 30 dollars l’action, la valeur
dépassa vite la barre des 300 dollars avant de se stabiliser au niveau
des 239 dollars. Les actionnaires ayant eu la chance de s’être engagés au prix de départ et qui étaient restés jusqu’au bout, avaient
vu la valeur de leurs titres augmenter de 698 %, un record pour
le Nasdaq. Eric Raymond, membre du conseil d’administration,
possédait ainsi des parts à valeur de 36 millions de dollars. Cette
forte croissance en bourse fut toutefois temporaire, et chuta avec
l’explosion de la bulle Internet.
Le message des promoteurs de l’open source était simple : tout
ce dont vous avez besoin pour vendre le concept de logiciel libre,
c’est de le rendre intéressant pour les entreprises. De leur point
de vue, Stallman et le mouvement pour le logiciel libre étaient
en lutte contre le marché, tandis qu’eux cherchaient à l’exploiter.
Plutôt que de jouer les cancres bannis du lycée, ils préféraient
jouer la carte de la popularité, accroissant leur pouvoir par la
même occasion.
Si ces méthodes servaient la cause de l’open source, les idéaux
du logiciel libre étaient perdants. Tout ce qui avait été fait pour
« répandre le bon tuyau » avait occulté la composante du message
de départ la plus importante : la liberté comme enjeu éthique.
Les effets de cette omission se font sentir aujourd’hui encore : en
2009, presque toutes les distributions GNU/Linux contiennent des
13. Markoff, 1999
244
sur Apple Computer annonçait dans son titre l’adoption du serveur
« open source » Apache par l’entreprise. 13
Ce dynamisme allait coïncider avec l’importance croissante des
entreprises ayant délibérément choisi l'expression open source. En
août 1999, Red Hat, qui se prévalait volontiers de cette terminologie, vendait ses actions au Nasdaq. En décembre, VA Linux —
anciennement VA Research - voyait sa cotation en bourse battre
des sommets historiques. Ouvrant à 30 dollars l’action, la valeur
dépassa vite la barre des 300 dollars avant de se stabiliser au niveau
des 239 dollars. Les actionnaires ayant eu la chance de s’être engagés au prix de départ et qui étaient restés jusqu’au bout, avaient
vu la valeur de leurs titres augmenter de 698 %, un record pour
le Nasdaq. Eric Raymond, membre du conseil d’administration,
possédait ainsi des parts à valeur de 36 millions de dollars. Cette
forte croissance en bourse fut toutefois temporaire, et chuta avec
l’explosion de la bulle Internet.
Le message des promoteurs de l’open source était simple : tout
ce dont vous avez besoin pour vendre le concept de logiciel libre,
c’est de le rendre intéressant pour les entreprises. De leur point
de vue, Stallman et le mouvement pour le logiciel libre étaient
en lutte contre le marché, tandis qu’eux cherchaient à l’exploiter.
Plutôt que de jouer les cancres bannis du lycée, ils préféraient
jouer la carte de la popularité, accroissant leur pouvoir par la
même occasion.
Si ces méthodes servaient la cause de l’open source, les idéaux
du logiciel libre étaient perdants. Tout ce qui avait été fait pour
« répandre le bon tuyau » avait occulté la composante du message
de départ la plus importante : la liberté comme enjeu éthique.
Les effets de cette omission se font sentir aujourd’hui encore : en
2009, presque toutes les distributions GNU/Linux contiennent des
13. Markoff, 1999
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