Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
John Ousterhout, l’un des participants, et créateur du langage de
script Tcl 9 . Il le qualifia de « parasite » de la communauté du
logiciel libre pour avoir commercialisé une version non libre de Tcl
via sa propre start-up, Scriptics. Ousterhout avait en effet annoncé
que sa société ne contribuerait que le strict minimum nécessaire à
l’amélioration de la version libre de Tcl. Juste de quoi, finalement,
gagner l’approbation générale pour légitimer ensuite le développement d’une grande quantité de logiciels non libres. Stallman
refusait cette position et dénonça les plans de l’entreprise : « Je ne
pense pas que Scriptics soit indispendable à la suite de l’existence
de Tcl », déclara-t-il, sous les huées des autres membres du public. 10
« C’était une scène des plus déplaisantes, se souvient Rich
Morin, de chez Prime Time Freeware. John a réalisé des choses
plutôt respectables : Tcl, Tk, Sprite. C’est un vrai contributeur. »
Malgré sa sympathie pour Stallman et ses idées, Morin comprenait
ceux que l’agressivité de ses paroles avaient dérangé.
Stallman quant à lui ne regrette rien : « Ce n’est pas critiquer
les logiciels non libres qui est critiquable, mais bien les logiciels
non libres eux-mêmes. Ousterhout avait en effet réalisé de belles
contributions par le passé, mais le problème était que Scriptics devenait quasiment 100 % un éditeur commercial propriétaire. Durant cette conférence, défendre la liberté revenait à se mettre à
dos presque tout le monde. Comme je prenais la parole depuis le
public, j’étais limité à quelques phrases. La seule manière de soulever le problème sans qu’il ne soit aussitôt oublié, c’était d’employer
des termes forts. »
« Si on me reproche de ‘faire une scène’ lorsque je critique
sérieusement la conduite de quelqu’un, alors que Torvalds n’est
9. Tool Command Language (abrégé en Tcl).
10. Maclachlan, op. cit.
242
Précédent

- 265/358

Suivant