Richard Stallman et l'open source
En outre, pour Stallman, l’idée d’open source conduisait les
gens à trop rechercher l’appui des entreprises. Or si ce soutien
n’était pas mauvais en soi, le rechercher coûte que coûte pouvait conduire à des compromis nuisibles. « Il est bien connu que
lors d’une négociation, si vous cherchez désespérément à passer
un marché avec quelqu’un, ce marché sera mauvais, explique-t-il.
Vous devez être prêt à dire non. »
Récapitulant sa position à la conférence-exposition LinuxWorld en 1999, événement étiqueté par Torvalds lui-même comme
événement de coming out de la communauté « Linux », Stallman
implora ses confrères de ne pas céder à la facilité apparente de ce
genre de compromis. « Parce que nous avons montré ce que nous
savons faire, nous ne devons pas être prêts à tout pour travailler
avec des entreprises ou compromettre nos objectifs, déclare Stallman lors d’une table ronde. Laissez-les faire leurs propositions, et
nous accepterons. Nous ne devons pas changer ce que nous faisons
uniquement pour obtenir leur aide. C’est en faisant un pas vers un
objectif, puis un autre, et ainsi de suite, qu’on finit par l’atteindre.
Ou bien on peut se contenter d’une demi-mesure qui empêchera
toute avancée ultérieure, et ne jamais arriver à ses fins. »
] ] ]
Cependant, avant même le salon LinuxWorld, Stallman avait
fait preuve d’une tendance croissante à s’aliéner les partisans de
l’open source. Quelques mois après le « Sommet du Freeware »,
O’Reilly avait organisé sa deuxième conférence annuelle sur Perl.
Cette fois-ci, Stallman était dans le public.
Durant une table ronde glorifiant la décision d’IBM d’utiliser le
serveur web libre Apache dans ses offres commerciales, Stallman,
s’emparant d’un micro destiné au public, s’attaqua violemment à
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