Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
s’est positionné comme une solution utile et ouverte aux entreprises, tandis que le logiciel libre se positionnait comme étant moralement juste. Pour le meilleur ou pour le pire, nous avons décidé
qu’il était plus avantageux de nous aligner sur le mouvement de
l’open source. »
] ] ]
Après cette rencontre, Raymond appela Stallman pour lui parler de l’expression open source et lui demander s’il l’utiliserait.
Ce dernier sembla songer un moment à l’adopter, mais finit par
la rejeter, d’après son interlocuteur. « Je le sais, car j’avais des
conversations directes avec lui à ce propos », précise Raymond.
La réponse immédiate de Stallman fut : « Je vais devoir y
réfléchir ». Le jour suivant, il en était arrivé à la conclusion que les
valeurs défendues par Raymond et O’Reilly finiraient certainement
par dominer le discours de l’open source dans l’avenir, et que pour
continuer à faire exister les idées du mouvement pour le logiciel
libre dans le débat public, il valait mieux en rester à l’expression
traditionnelle.
C’est plus tard au cours de l’année 1998 qu’il annonça sa position : open source, bien que commode pour qui voulait mettre en
avant les avantages techniques du logiciel libre, encourageait aussi
les intervenants à négliger la question des libertés logicielles. Ce
problème le forçait à rester fidèle à l’expression « logiciel libre ».
Certes, open source évitait la confusion avec « logiciel gratuit »,
mais il supprimait par la même occasion le sens de « logiciel respectueux de la liberté » et n’avait donc plus d’utilité pour exprimer
ce dernier sens. Dans les faits, Raymond et O’Reilly avaient donné
un nom à celui des deux « partis politiques » de la communauté
qui était dénué d’idéaux — celui que Stallman désapprouvait.
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