Richard Stallman et l'open source
Ceux-là cherchaient plutôt à susciter l’intérêt des entreprises pour
l’usage et le développement de logiciels libres. Ainsi décidèrentils de traduire les enjeux de ces logiciels en termes relevant de la
logique commerciale : puissants, fiables, bon marché, avancés.
Raymond devint le principal porte-parole de ces idées, qui parvinrent à l’oreille des dirigeants de Netscape, dont le navigateur —
non libre — perdait des parts de marché face à celui — non libre
— de Microsoft, Internet Explorer. Intrigués par un discours de
Raymond, des cadres de Netscape rapportèrent le message à leur
maison mère. Quelques mois plus tard, en janvier 1998, l’entreprise
annonça ses intentions de rendre public le code source de son navigateur web vedette, Navigator, dans l’espoir de profiter de la
contribution des hackers dans les développements futurs.
Quand le PDG de Netscape, Jim Barksdale, cita le traité
de Raymond La cathédrale et le bazar comme principale source
d’influence de la décision de l’entreprise, il éleva immédiatement
Raymond au rang de célébrité parmi les hackers. Il organisa une
réunion entre Larry Augustin, fondateur de VA Research, qui commercialisait des postes de travail équipés de GNU/Linux, Tim
O’Reilly de la maison d’édition O’Reilly & Associates, et Christine
Peterson, présidente de l’Institut Foresight, une think tank de la
Silicon Valley chargée de la réflexion sur les nanotechnologies.
« L’ordre du jour de la réunion était focalisé sur un point : comment utiliser la décision de Netscape pour donner envie à d’autres
entreprises de l’imiter ? »
Raymond ne se souvient pas de toute la discussion, mais il se
rappelle de la première plainte formulée. En effet, malgré les efforts
de Stallman et des autres hackers pour rappeler aux gens que free
dans free software signifiait liberté et non gratuité, le message ne
passait toujours pas. La plupart des hommes d’affaires, après avoir
entendu le terme pour la première fois, y voyaient un synonyme
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