Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
disparaître pendant dix-huit mois et revenir avec un programme
comme le compilateur C GNU, Torvalds était plutôt un aimable
organisateur de soirées. En laissant les autres diriger la discussion
sur la conception de Linux, n’intervenant que lorsque le débat
requérait un arbitre, il avait créé un mode de développement reflétant parfaitement sa personnalité décontractée. Pour lui, la tâche
d’encadrement la plus importante ne consistait pas à imposer un
contrôle, mais à veiller à maintenir un flux continu d’idées.
Raymond résume ainsi : « Je pense que le coup de maître
de Linus n’a pas été le noyau Linux en lui-même, mais plutôt
l’invention du modèle de développement associé. » 7
Or, si la description des deux styles de développement était
pénétrante, associer le mode « cathédrale » à Stallman en particulier (plutôt qu’à n’importe qui d’autre l’ayant utilisé, ce qui inclut
Raymond lui-même) était pure calomnie. En effet, bien avant que
Raymond ne s’y intéresse, les développeurs de plusieurs paquetages GNU, y compris GNU Hurd, avaient découvert et adopté les
méthodes de Torvalds, sans toutefois les analyser en profondeur,
ni s’en faire publiquement le champion à l’instar de Raymond dans
son article.
Dire qu’à cause de ce texte diffamant, des milliers de hackers
ont sans doute nourri des sentiments négatifs envers le projet
GNU…
] ] ]
En rapportant les secrets du succès de la gestion de projet à la
Torvalds, Raymond attira l’attention des membres de la communauté du logiciel libre pour qui la liberté n’était pas une priorité.
7. Raymond, 2000
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