Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
C’était un bon exemple du clivage de plus en plus marqué
dans la communauté du logiciel libre, entre ceux qui accordaient
de l’importance à la liberté en soi, et ceux qui ne prenaient en
compte que la fiabilité et la puissance des logiciels. Stallman désignait ces deux camps comme deux partis politiques au sein d’une
même communauté. Il nomma le premier le « parti pour la liberté ». Et comme le second camp ne daignait pas se donner un
nom, il l’appela ironiquement « le parti des opportunistes » ou « le
parti pour le succès ». Nombre des partisans de ce dernier considéraient en effet que l’objectif premier était d’attirer toujours « plus
d’utilisateurs ».
] ] ]
Lors de la décennie suivant le lancement du projet GNU, Stallman s’était construit une réputation redoutable en tant que programmeur. À cela s’ajoutait une réputation d’intransigeance en
termes de conception de logiciel et de gestion humaine. Tout cela
était partiellement mérité, mais donnait aussi une bonne excuse
pour accabler Stallman dès lors qu’il n’agissait pas comme on
l’aurait voulu. Sans compter que cette réputation était exagérée
par des suppositions infondées.
Peu avant la conférence de 1996, la FSF dut faire face à des
démissions d’équipes généralisées. Brian Youmans, un employé engagé par Salus suite à ces départs, se souvient de la scène : « Il
arriva un moment où Peter [Salus] était le seul employé restant à
travailler dans les locaux. »
En réalité, l’équipe précédente était mécontente de la directrice
générale. Comme l’explique Bryt Bradley à ses amis en décembre
1995 : « [Anonyme], directrice générale de la FSF, a décidé de
revenir de son congé médical de complaisance la semaine dernière.
230
C’était un bon exemple du clivage de plus en plus marqué
dans la communauté du logiciel libre, entre ceux qui accordaient
de l’importance à la liberté en soi, et ceux qui ne prenaient en
compte que la fiabilité et la puissance des logiciels. Stallman désignait ces deux camps comme deux partis politiques au sein d’une
même communauté. Il nomma le premier le « parti pour la liberté ». Et comme le second camp ne daignait pas se donner un
nom, il l’appela ironiquement « le parti des opportunistes » ou « le
parti pour le succès ». Nombre des partisans de ce dernier considéraient en effet que l’objectif premier était d’attirer toujours « plus
d’utilisateurs ».
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Lors de la décennie suivant le lancement du projet GNU, Stallman s’était construit une réputation redoutable en tant que programmeur. À cela s’ajoutait une réputation d’intransigeance en
termes de conception de logiciel et de gestion humaine. Tout cela
était partiellement mérité, mais donnait aussi une bonne excuse
pour accabler Stallman dès lors qu’il n’agissait pas comme on
l’aurait voulu. Sans compter que cette réputation était exagérée
par des suppositions infondées.
Peu avant la conférence de 1996, la FSF dut faire face à des
démissions d’équipes généralisées. Brian Youmans, un employé engagé par Salus suite à ces départs, se souvient de la scène : « Il
arriva un moment où Peter [Salus] était le seul employé restant à
travailler dans les locaux. »
En réalité, l’équipe précédente était mécontente de la directrice
générale. Comme l’explique Bryt Bradley à ses amis en décembre
1995 : « [Anonyme], directrice générale de la FSF, a décidé de
revenir de son congé médical de complaisance la semaine dernière.
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