Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
la première fois de ce nouveau noyau, il avait demandé à un ami
de vérifier s’il possédait les qualités requises. Ainsi se remémoret-il les faits : « Il m’a rapporté que le programme était modelé
sur System V, c’est-à-dire une version inférieure d’Unix. Il m’a dit
aussi qu’il n’était pas portable. »
Le rapport de cet ami était correct. Conçu pour fonctionner sur
des machines à base d’Intel 386, Linux était fortement lié à cette
plate-forme bon marché. Ce que cet ami manqua de rapporter, en
revanche, c’était l’énorme avantage du fait que Linux soit alors le
seul noyau libre sur le marché. Autrement dit, tandis que Stallman
allait passer l'année et demie suivante à lire les rapports d’activité
du développeur de Hurd, dont la progression était plutôt lente,
Torvalds ralliait les programmeurs qui porteraient ensuite Linux
et GNU sur de nouvelles plates-formes.
Précision À propos de Hurd
Hurd est un double acronyme récursif signifiant « Hird of UnixReplacement Daemons », et Hird : « Hurd of Interfaces Representing Depth ». De plus, comme l'explique Richard Stallman, la sonorité similaire entre Hurd et le mot « herd » (troupeau, en anglais),
reflète bien l'idée d'un troupeau de programmes serveurs GNU, rassemblés autour du micro-noyau GNU Mach, et constituant ainsi la
moitié supérieure du noyau du système GNU. Mach, quant à lui,
fut développé à l'université de Carnegie Mellon entre 1985 et 1994.
Après l'arrêt de son développement, le projet GNU en produisit
une version modifiée : GNU Mach.
Le très ambitieux projet Hurd connut une histoire mouvementée, si bien que le souhait de voir naître une distribution complète
du système GNU ne s'est toujours pas réalisé. De plus, GNU/Linux
ayant fait plus que combler la principale faiblesse du projet GNU
(le noyau manquant), le développement de Hurd s'en trouva d'autant plus retardé. Le projet Hurd se poursuit néanmoins aujourd
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