GNU/Linux
des opérations douteuses, et ne se gênaient pas pour glisser un peu
de leur code maison [non libre] dans le mélange. »
Murdock, qui était un programmeur Unix, se souvient avoir
été « emballé » par GNU/Linux après l’avoir téléchargé et installé sur son PC pour la première fois. « C’était si excitant, dit-il,
que cela m’a donné envie de m’impliquer ». Mais l’explosion des
distributions de mauvaise qualité refroidit son enthousiasme naissant. Décidant alors que la meilleure façon de s’impliquer était de
créer une version débarrassée de tout additif, il entreprit de recenser tous les meilleurs logiciels libres disponibles, dans l’intention
de les intégrer à sa propre distribution. « Je voulais faire quelque
chose qui soit à la hauteur de la réputation de Linux », déclare-t-il.
Afin « d’éveiller un intérêt », Murdock envoya un message
avec ses intentions sur l’Internet, y compris auprès du groupe de
discussion Usenet comp.os.linux. L’une des toutes premières réponses qu’il reçut émanait de rms@ai.mit.edu. Murdock reconnut
l’adresse aussitôt. Il s’agissait de Richard M. Stallman, le fondateur du projet GNU, l’homme qu’il connaissait déjà comme « le
hacker des hackers ». À la vue de cette adresse parmi ses courriels en attente, Murdock n’en revenait pas. Pourquoi Stallman,
alors qu’il dirigeait son propre projet de système d’exploitation,
pouvait-il bien s’intéresser à ses récriminations concernant les distributions « Linux » ?
Murdock ouvrit le message. « Il disait que la Free Software
Foundation commençait à regarder Linux de près et qu’il se pourrait bien qu’elle soit aussi intéressée par créer un système Linux
[sic]. En gros, Stallman avait l’air de penser que nos objectifs
étaient compatibles avec leurs principes. »
Ce message représentait un tournant dans la stratégie de Stallman. Jusqu’en 1993, il s’était contenté de ne pas se mêler des affaires de la communauté Linux. Après avoir entendu parler pour
207
Précédent

- 230/358

Suivant