Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
Une telle paresse, tout admirable qu’elle fût sous l’angle de
la productivité, était gênante d’un point de vue politique. Avant
tout, elle faisait ressortir l’absence de toute visée idéologique de
la part de Torvalds. Contrairement aux développeurs du projet
GNU, l’étudiant finlandais n’avait pas bâti son noyau par volonté
d’offrir la liberté à ses confrères hackers. Il ne l’avait fait que pour
avoir quelque chose avec quoi il pourrait lui-même s’amuser. Quelle
était donc la nature de ce système mixte et à quelle philosophie
serait-il rattaché ? Était-ce l’incarnation de l’esprit du logiciel libre
explicité par Stallman au sein du Manifeste GNU ? Ou n’était-ce
qu’un amalgame d’outils ingénieux que n’importe quel utilisateur,
tout aussi motivé, aurait pu lui-même assembler sur son système
maison ?
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Fin 1993, le nombre des utilisateurs de GNU/Linux penchant
pour la seconde définition et commençant à bricoler leurs propres
variations sur le thème s’était considérablement accru. Diverses
« distributions » furent ainsi développées et diffusées, parfois gratuitement, parfois non, et avec des résultats on ne peut plus inégaux.
« C’était bien avant Red Hat et les autres distributions commerciales, se souvient Ian Murdock, alors étudiant en informatique
à l’université de Purdue. Vous n’aviez qu’à feuilleter un magazine
Unix pour trouver toutes sortes de petits encarts publicitaires proclamant ‘Linux’. La plupart de ces compagnies couvraient en fait
(mai 1997). Voir E. S. Raymond, The Cathedral and the Bazaar, O’Reilly, 1999,
2001 (http ://www.catb.org/˜esr/writings/cathedral-bazaar/). Traduction en
français disponible sur http ://www.linux-france.org/article/these/cathedralebazar/cathedrale-bazar.html.
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