Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
Ni la compilation de Linux avec GCC, ni l’exécution de GCC
avec Linux, n’impliquaient pour lui l’obligation légale de publier
Linux sous licence GPL. Mais en utilisant GCC, Torvalds se trouvait d’une certaine façon obligé de laisser les autres emprunter à
leur tour. Comme Torvalds le dirait plus tard : « Je m’étais élevé
en prenant appui sur les épaules de géants. » 36 . Comme on pouvait s’y attendre, il commença à se demander ce qu’il adviendrait
si d’autres venaient à leur tour lui demander une aide similaire.
Une décennie après cette décision, Torvalds fait écho à Robert
Chassell de la FSF, résumant ainsi ses pensées du moment : « Vous
mettez six mois de votre vie dans ce travail, vous voulez le rendre
public et en retirer quelque chose en retour, mais vous ne voulez
pas que les gens puissent en abuser. Je voulais qu’ils puissent voir
[Linux], et qu’ils puissent faire des modifications autant qu’ils le
voulaient. Mais je voulais aussi m’assurer que j’obtiendrais en retour de pouvoir voir ce qu’ils en faisaient. Je voulais avoir accès
aux sources à tout moment, afin que, s’ils faisaient des améliorations, je puisse les reproduire moi-même. » 37
Quand vint le temps de publier la version 0.12 de Linux, la première fonctionnant pleinement avec GCC, Torvalds décida de se
ranger au côté du mouvement du logiciel libre. Il remisa l’ancienne
licence de Linux et la remplaça par la GPL. Trois ans plus tard, les
développeurs proposaient une version 1.0 du noyau, qui fonctionnait correctement avec le quasi complet système GNU, composé
de programmes issus du projet GNU et d’ailleurs. En pratique,
ils avaient complété le projet GNU en y ajoutant le noyau Linux.
Le résultat, en gros, était GNU plus Linux. Pourtant, Torvalds et
ses amis se référaient à ce système en le nommant abusivement
« Linux » tout court.
36. Ibid., pp.95—97
37. Ibid., pp.94—95
200
Ni la compilation de Linux avec GCC, ni l’exécution de GCC
avec Linux, n’impliquaient pour lui l’obligation légale de publier
Linux sous licence GPL. Mais en utilisant GCC, Torvalds se trouvait d’une certaine façon obligé de laisser les autres emprunter à
leur tour. Comme Torvalds le dirait plus tard : « Je m’étais élevé
en prenant appui sur les épaules de géants. » 36 . Comme on pouvait s’y attendre, il commença à se demander ce qu’il adviendrait
si d’autres venaient à leur tour lui demander une aide similaire.
Une décennie après cette décision, Torvalds fait écho à Robert
Chassell de la FSF, résumant ainsi ses pensées du moment : « Vous
mettez six mois de votre vie dans ce travail, vous voulez le rendre
public et en retirer quelque chose en retour, mais vous ne voulez
pas que les gens puissent en abuser. Je voulais qu’ils puissent voir
[Linux], et qu’ils puissent faire des modifications autant qu’ils le
voulaient. Mais je voulais aussi m’assurer que j’obtiendrais en retour de pouvoir voir ce qu’ils en faisaient. Je voulais avoir accès
aux sources à tout moment, afin que, s’ils faisaient des améliorations, je puisse les reproduire moi-même. » 37
Quand vint le temps de publier la version 0.12 de Linux, la première fonctionnant pleinement avec GCC, Torvalds décida de se
ranger au côté du mouvement du logiciel libre. Il remisa l’ancienne
licence de Linux et la remplaça par la GPL. Trois ans plus tard, les
développeurs proposaient une version 1.0 du noyau, qui fonctionnait correctement avec le quasi complet système GNU, composé
de programmes issus du projet GNU et d’ailleurs. En pratique,
ils avaient complété le projet GNU en y ajoutant le noyau Linux.
Le résultat, en gros, était GNU plus Linux. Pourtant, Torvalds et
ses amis se référaient à ce système en le nommant abusivement
« Linux » tout court.
36. Ibid., pp.95—97
37. Ibid., pp.94—95
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