Genèse de la Licence publique générale de GNU (GNU GPL)
pas dans Minix en général, puisque mon OS y ressemble d’une certaine façon
(entre autres, le même arrangement physique du système de fichiers [pour
des raisons pratiques]). Pour l’instant, sur mon système, j’ai porté Bash
(1.08) et GCC (1.40)… 34
Le message reçut quelques vagues réponses et un mois plus
tard, Torvalds avait publié la version 0.01 de sa distribution logicielle — c’est-à-dire la toute première version conçue pour un examen extérieur — sur un site FTP. L’étudiant devait par ailleurs
trouver un nom pour ce nouveau noyau. Sur son propre disque dur,
il avait en effet sauvegardé le programme sous le nom « Linux »,
respectant ainsi la convention logicielle qui consiste à donner à
chaque variante d’Unix un nom finissant avec la lettre X. Comme
il trouvait le nom trop « égocentrique », Torvalds le changea en
« Freax », pour finalement voir le responsable du site FTP le renommer d’après le premier nom.
Torvalds dit avoir cherché à écrire un système d’exploitation
complet et libre, comme le laisse penser sa comparaison avec GNU.
Or, il n’écrivit en fait qu’un noyau pur et simple, parce qu’il savait
que les autres composants étaient déjà disponibles, grâce au travail de GNU et des autres projets libres. De plus, le projet GNU
consistant à tous les intégrer dans un seul système, tous les éléments étaient de fait conçus pour être compatibles les uns avec
les autres. Ainsi, pendant qu’il poursuivait le développement du
noyau, il y adapta (et plus tard ses collaborateurs) les nombreux
programmes GNU.
Initialement, Linux n’était pas un logiciel libre. En effet, la licence que Torvalds avait choisie n’autorisait pas les distributions
commerciales. Il avait peur, en effet, de voir une entreprise rentrer dans le projet puis lui prendre son noyau. Pourtant, au vu
de la popularité de GNU/Linux, il réalisa que la vente de copies
serait utile pour la communauté. Son inquiétude s’amenuisa et il
reconsidéra la question de la licence 35 .
34. Ibid., p.85 [voir aussi p.22]
35. Ibid., pp.94—95
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