Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
aussi l’émulation du terminal, une fonctionnalité qui aurait permis
à Torvalds de mimer le comportement d’un terminal d’affichage,
rendant ainsi possible la connexion vers le MicroVAX depuis chez
lui.
Au début de l’année 1991, l’étudiant entreprit d’écrire un programme d’émulation de terminal. Il utilisa Minix pour le développer ; l’émulateur ne s’exécutait pas sur Minix mais seul, indépendamment. Torvalds ajouta alors des fonctionnalités pour accéder au système de fichiers de Minix. Cette année-là, il parlait de
son travail en cours comme d’un « GNU Emacs des programmes
d’émulation de terminal » 31 .
Comme il manquait à Minix de nombreuses et importantes
fonctions, Torvalds commença à transformer son émulateur de
terminal en un noyau comparable à celui de Minix, mais monolithique. Non sans ambition, il sollicita un groupe de discussion
sur Minix pour trouver des copies de la norme Posix, c’est-à-dire
les spécifications qu’un noyau doit respecter pour être compatible
avec Unix 32 .
Quelques semaines plus tard, après avoir fait tourner conjointement son noyau et quelques programmes GNU adaptés par ses
soins, Torvalds envoya un message rappelant celui qu’avait posté
Stallman en 1983 pour lancer le projet GNU :
Bonjour à tous ceux ici utilisant Minix,
Je suis en train de créer une distribution logicielle (libre) — ce n’est
qu’un passe-temps, ça ne sera pas aussi grand et professionnel que GNU — pour
les 386/486 pour PC-AT 33 . Ça mijote depuis le mois d’avril, et c'est presque
prêt. J’aimerais avoir des retours sur ce que les gens aiment ou n’aiment
31. Ibid.
32. Les normes Posix ont par la suite été étendues à plusieurs fonctions en
ligne de commande, mais ce n’était pas le cas en 1991.
33. Personal Computer-Advanced Technology (IBM) qui allaient devenir les
« compatibles PC ».
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