Genèse de la Licence publique générale de GNU (GNU GPL)
plus tard que Trix nécessitait trop de modifications pour constituer un bon point de départ. En février 1988, selon une autre lettre
de diffusion, le projet GNU avait changé son fusil d’épaule pour
Mach, un micro-noyau léger développé à Carnegie Mellon. Mach
n’était pas, alors, un logiciel libre, mais ses développeurs confessaient en privé qu’ils allaient le libérer. Lorsque cela arriva, en
1990, le développement du noyau GNU put réellement commencer 21 .
Les délais de développement du noyau n’étaient pas le seul
souci de Stallman à cette époque. En 1989, la Lotus Development
Corporation poursuivit en justice des compagnies rivales, Paperback Software International et Borland, pour avoir copié les commandes de menus du logiciel populaire de Lotus qu’était Tableur
1-2-3. L’action en justice de Lotus, ajoutée à la bataille AppleMicrosoft sur « l’apparence et l’ergonomie » (look-and-feel), mettaient indirectement en danger l’avenir du projet GNU. Elles menaçaient en effet le droit de développer des logiciels compatibles
avec des programmes existants, ce qui était l’un des principes de
GNU. Ce procès risquait de paralyser la culture toute entière du
développement logiciel.
Déterminé à faire quelque chose, Stallman et quelques professeurs rédigèrent un communiqué dans The Tech (le journal étudiant du MIT), fustigeant le procès et appelant au boycott des
entreprises à l’origine de la bataille judiciaire. Stallman organisa
parallèlement un groupe de protestation. Baptisé League for Programming Freedom, le collectif manifesta devant les bureaux de
Lotus.
Ces manifestations étaient remarquables 22 . Elles illustraient
l’évolution de l’industrie du logiciel. Les applications avaient progressivement remplacé les systèmes d’exploitation comme front
21. Voir HURD History sur http://www.gnu.org.
22. Selon un communiqué de la Ligue pour la liberté de programmer, ces
manifestations inaugurèrent le premier chant de protestation en hexadéci193
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