Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
C’était le cas du hacker Keith Bostic, employé de l’université de
Californie à l’époque de la sortie de la GPL 1.0. Le département
où il travaillait, le Computer Systems Research Group (CSRG),
s’était impliqué dans le développement d’Unix depuis la fin des années 1970 et était responsable de nombreuses parties clefs du système, dont l’implémentation du protocole réseau TCP/IP, pierre
angulaire de l’Internet moderne. À la fin des années 1980, AT&T,
propriétaire originel d’Unix, commença à songer à le commercialiser. Considérant son intérêt commercial, l’entreprise s’intéressa à
la Berkeley Software Distribution, dite BSD, version académique
d’Unix développée par Bostic et ses confrères à Berkeley.
L’accès au code rédigé par Bostic et son équipe, mélangé à
du code propriétaire d’AT&T, fut de ce fait refusé à quasiment
tout le monde. Les distributions Berkeley n’étaient disponibles que
pour les institutions qui avaient déjà une licence Unix délivrée par
AT&T. Or, à mesure de l’augmentation du prix des licences par
AT&T, le compromis de prime abord inoffensif (du moins pour
les universitaires cantonnés à leur tour d’ivoire) devint de plus en
plus lourd à supporter.
Pour réutiliser du code de Berkeley dans le projet GNU, Stallman allait devoir convaincre ses auteurs de le séparer de celui
d’AT&T. Aussi, vers 1984-85, il rencontra ceux qui étaient à la tête
du projet BSD pour les convaincre de le publier en tant que logiciel
libre. Stallman argumenta que AT&T n’était pas un organisme de
bienfaisance et qu’il n’était pas convenable qu’une université fasse
don de son code à une telle entreprise.
Embauché en 1986, Bostic s’était donné comme projet personnel de porter la dernière version de BSD sur l’ordinateur PDP-11.
C’est durant cette période, raconte-t-il, qu’il entra en contact avec
Stallman, à l’occasion d’une des incursions occasionnelles de ce
dernier sur la côte Ouest. « Je me souviens de discussions agitées
à propos du copyright, alors qu’il utilisait des stations de travail
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