Genèse de la Licence publique générale de GNU (GNU GPL)
remerciement, Hopkins avait décoré l’enveloppe de retour avec des
autocollants trouvés lors d’une convention locale.
L’un d’eux, en particulier, attira l’attention de Stallman. On
y lisait : « Copyleft (L) — Tous droits reversés ». Inspiré par
cet autocollant, Stallman surnomma la technique juridique de la
licence GNU Emacs, appelée à devenir la GNU GPL, « Copyleft »,
en la représentant avec humour par un « C » renversé dans un rcle.
Au cours du temps, ce terme de copyleft 8 fut consacré par
la FSF comme qualifiant toute licence « rendant un programme
libre et requérant que toute version modifiée ou étendue de ce
programme soit de même un logiciel libre. »
Le sociologue allemand Max Weber avança un jour que toutes
les grandes religions étaient construites autour d’une forme de
« routinisation » ou d’institutionnalisation du charisme. Chaque
religion établie, argumentait-il, avait réussi à convertir le charisme
ou le message du leader religieux originel en tout un appareil social,
politique et éthique plus aisé à transmettre à travers les cultures
et les âges.
Bien que non religieuse en tant que telle, la GPL se qualifie sûrement comme un exemple d’institutionnalisation à l’œuvre dans
le monde moderne et décentralisé du développement logiciel. Depuis sa mise en œuvre, des programmeurs et des entreprises qui,
par ailleurs, ne manifestaient pas de loyauté particulière envers
Stallman, ont d’emblée accepté le marché de la GPL au pied de la
lettre. Et des dizaines de milliers de programmeurs l’ont intégrée
comme mécanisme préemptif de protection pour leurs logiciels.
Même ceux qui jugent ses conditions trop contraignantes en reconnaissent l’influence.
] ] ]
8. Copyleft est traduit en français par « gauche d'auteur ».
183
remerciement, Hopkins avait décoré l’enveloppe de retour avec des
autocollants trouvés lors d’une convention locale.
L’un d’eux, en particulier, attira l’attention de Stallman. On
y lisait : « Copyleft (L) — Tous droits reversés ». Inspiré par
cet autocollant, Stallman surnomma la technique juridique de la
licence GNU Emacs, appelée à devenir la GNU GPL, « Copyleft »,
en la représentant avec humour par un « C » renversé dans un rcle.
Au cours du temps, ce terme de copyleft 8 fut consacré par
la FSF comme qualifiant toute licence « rendant un programme
libre et requérant que toute version modifiée ou étendue de ce
programme soit de même un logiciel libre. »
Le sociologue allemand Max Weber avança un jour que toutes
les grandes religions étaient construites autour d’une forme de
« routinisation » ou d’institutionnalisation du charisme. Chaque
religion établie, argumentait-il, avait réussi à convertir le charisme
ou le message du leader religieux originel en tout un appareil social,
politique et éthique plus aisé à transmettre à travers les cultures
et les âges.
Bien que non religieuse en tant que telle, la GPL se qualifie sûrement comme un exemple d’institutionnalisation à l’œuvre dans
le monde moderne et décentralisé du développement logiciel. Depuis sa mise en œuvre, des programmeurs et des entreprises qui,
par ailleurs, ne manifestaient pas de loyauté particulière envers
Stallman, ont d’emblée accepté le marché de la GPL au pied de la
lettre. Et des dizaines de milliers de programmeurs l’ont intégrée
comme mécanisme préemptif de protection pour leurs logiciels.
Même ceux qui jugent ses conditions trop contraignantes en reconnaissent l’influence.
] ] ]
8. Copyleft est traduit en français par « gauche d'auteur ».
183
