Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
Ce que cette citation montre, c’est que j’ai appris à être plus
prudent dans la généralisation. Je ne parlerais pas aujourd’hui de
« possession du savoir » car c’est une idée beaucoup trop large.
Cependant, généraliser en parlant de « possession du savoir » n’est
pas la même chose que généraliser en parlant de « propriété intellectuelle ». Ce dernier terme englobe trois législations qu’il est
crucial de différencier pour comprendre toute question juridique
concernant la « possession du savoir ». Les brevets accordent une
exclusivité directe sur l’utilisation de savoirs spécifiques ; c’est bien
une forme de « possession du savoir ». Le copyright est l’une des
méthodes utilisées pour empêcher le partage d’œuvres qui peuvent
recéler ou enseigner des savoirs, ce qui est tout à fait différent. Les
marques déposées, elles, concernent d’autres aspects qui n’ont que
peu de rapport avec le sujet du savoir.
Des années plus tard, il décrira la création de la GPL en des
termes moins martiaux : « Je pensais à des problématiques à la
fois éthiques, politiques et juridiques, explique-t-il. J’ai essayé de
faire quelque chose de viable dans le système législatif actuel. Dans
l’esprit, il s’agissait de concevoir les bases législatives d’une nouvelle société, mais ne gouvernant pas, je ne pouvais changer aucune
loi. Il me fallait donc tenter de les bâtir au-dessus du système juridique existant, qui n’a en rien été conçu pour cela. »
] ] ]
Alors que Stallman en était à soupeser les problèmes éthiques,
politiques et juridiques associés au logiciel libre, un hacker californien nommé Don Hopkins, hacker Unix lui aussi passionné de
science-fiction, lui réexpédia le manuel du microprocesseur 68000
qu’il lui avait emprunté quelque temps auparavant. En guise de
182
Ce que cette citation montre, c’est que j’ai appris à être plus
prudent dans la généralisation. Je ne parlerais pas aujourd’hui de
« possession du savoir » car c’est une idée beaucoup trop large.
Cependant, généraliser en parlant de « possession du savoir » n’est
pas la même chose que généraliser en parlant de « propriété intellectuelle ». Ce dernier terme englobe trois législations qu’il est
crucial de différencier pour comprendre toute question juridique
concernant la « possession du savoir ». Les brevets accordent une
exclusivité directe sur l’utilisation de savoirs spécifiques ; c’est bien
une forme de « possession du savoir ». Le copyright est l’une des
méthodes utilisées pour empêcher le partage d’œuvres qui peuvent
recéler ou enseigner des savoirs, ce qui est tout à fait différent. Les
marques déposées, elles, concernent d’autres aspects qui n’ont que
peu de rapport avec le sujet du savoir.
Des années plus tard, il décrira la création de la GPL en des
termes moins martiaux : « Je pensais à des problématiques à la
fois éthiques, politiques et juridiques, explique-t-il. J’ai essayé de
faire quelque chose de viable dans le système législatif actuel. Dans
l’esprit, il s’agissait de concevoir les bases législatives d’une nouvelle société, mais ne gouvernant pas, je ne pouvais changer aucune
loi. Il me fallait donc tenter de les bâtir au-dessus du système juridique existant, qui n’a en rien été conçu pour cela. »
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Alors que Stallman en était à soupeser les problèmes éthiques,
politiques et juridiques associés au logiciel libre, un hacker californien nommé Don Hopkins, hacker Unix lui aussi passionné de
science-fiction, lui réexpédia le manuel du microprocesseur 68000
qu’il lui avait emprunté quelque temps auparavant. En guise de
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