Genèse de la Licence publique générale de GNU (GNU GPL)
utiliser le même mode de publication sous licence ». C’est pour ce
second principe qu’étaient conçues les obligations exprimées dans
la licence.
Il y avait là une révolution, mais il fallait du temps pour le
comprendre. Fischer raconte qu’à l’époque, il considérait la licence GNU Emacs comme un simple contrat. Elle indiquait un
coût d’utilisation, mais au lieu d’argent, réclamait aux utilisateurs
l’accès à leurs propres modifications futures. Cela dit, Fischer se
souvient que les termes du texte étaient uniques en leur genre :
« Je crois que demander aux autres d’accepter un tel prix était,
sinon inédit, du moins très inhabituel à l’époque. »
En façonnant la licence GNU Emacs, Stallman initia un changement majeur dans les principes informels qui avaient donné
corps à la Commune Emacs. Là où il avait autrefois exigé que
les membres lui envoient toutes les modifications qu’ils écrivaient,
il demandait cette fois qu’ils transmettent le code source et la
liberté de modification dès qu’ils choisissaient de redistribuer le
programme.
En d’autres termes, ceux qui modifiaient Emacs pour leur
usage personnel n’avaient plus l’obligation de renvoyer le code
de leurs modifications. Dans ce qui deviendrait un rare effet de
variation dans la doctrine du logiciel libre, Stallman baissait son
« prix ». Les utilisateurs pouvaient innover sans être épiés par lui
et distribuer leur version lorsqu’ils le souhaitaient, à condition que
les copies distribuées soient assorties de la permission, pour les
détenteurs, de les développer et de les redistribuer à leur tour.
Stallman explique cette évolution par sa propre insatisfaction
face à l’aspect Big Brother de l’ancien contrat social de la Commune Emacs. Tout comme il avait un temps jugé utile que tous
les utilisateurs lui fassent parvenir leurs modifications, il en vint à
penser qu’il n’était pas juste d’exiger cela.
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