Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
Stallman en conclut que recourir au copyright n’était pas forcément contraire à l'éthique ; plutôt, c’était l’usage qui en était
fait habituellement — sans doute encouragé par l’esprit qui avait
présidé sa création — qui déniait aux utilisateurs des libertés fondamentales. La plupart des auteurs n’imaginaient pas d’autre manière d’utiliser le copyright. Il en existait pourtant une : rendre le
programme libre et s’assurer qu’il le reste.
Début 1985, pour GNU Emacs 16, Stallman avait préparé une
licence fondée sur le droit d’auteur qui permettait à l’utilisateur de
faire des copies et de les distribuer. Permission lui était aussi donnée d’opérer des modifications et de les diffuser, mais uniquement
sous cette même licence. Sur ces versions modifiées, les utilisateurs
étaient alors limités dans les droits a priori illimités que pouvaient
leur conférer le copyright ; il devenait dès lors impossible d’en faire
des versions privatrices à l’image de Gosmacs. Sans compter qu’ils
devaient fournir le code source. Cette disposition vint combler le
vide juridique qui aurait permis l’émergence de versions restreintes
et privatrices de GNU Emacs.
Bien qu’utile pour codifier le contrat social de la Commune
Emacs, cette première licence restait trop « informelle » pour
ses objectifs. Aussi, peu après la création de la FSF, Stallman
commença-t-il à travailler sur une version plus robuste. Il prit
conseil auprès des avocats et des administrateurs qui l’avaient aidé
à mettre en place la fondation.
Mark Fischer, un avocat de Boston spécialisé dans le droit
d’auteur, se rappelle leurs échanges de l’époque au sujet de la licence. « Richard avait des opinions très arrêtées concernant la
façon dont tout cela devait fonctionner, rapporte-t-il. Il tenait
à deux principes : rendre le logiciel aussi ouvert que possible [il
semble d’ailleurs qu’au moment où il prononçait ces mots, Fischer
ait été influencé par les partisans de l’open source car Stallman
n’a jamais cherché à rendre les logiciels ‘ouverts’ ], et encourager à
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