Genèse de la Licence publique générale de GNU (GNU GPL)
que la loi sur le copyright de 1976 s’appliquât même en l’absence
de mentions légales — chose que les hackers ignoraient pour la
plupart — les mentions interdisant la copie se mirent à fleurir.
Stallman les considéra d’emblée comme les drapeaux d'une armée d’occupation. Rares étaient les logiciels qui n’empruntaient
pas quelques bouts de code source issus de tel ou tel programme
préexistant. Pourtant, d’une seule signature, le gouvernement américain avait donné aux programmeurs et aux compagnies le pouvoir légal d’interdire tout réemploi de ce type. Cette loi injectait
aussi une dose de formalisme dans ce qui était jusque-là un système informel. Les litiges, auparavant réglés entre hackers, étaient
dorénavant confiés aux avocats, ce qui conférait un avantage automatique aux entreprises plutôt qu’aux hackers. Certains pensaient
que mentionner son nom dans une notice légale revenait à endosser
la responsabilité de la qualité du code, et une notice légale incluait
généralement le nom d’une société — les individus ayant d’autres
moyens de se prévaloir de l’écriture de telle ou telle fraction de
code.
Cependant, au cours des années précédant la mise en œuvre
du projet GNU, Stallman remarqua que le copyright permettait à
un auteur d’autoriser explicitement certains usages normalement
interdits par le copyright, et d’assortir ces autorisations de conditions. « J’avais vu des courriels accompagnés de mentions de copyright assorties de simples licences autorisant la copie verbatim 3 , se
souvient-il. Ce fut une source d’inspiration certaine ». Ces licences
comportaient notamment l’obligation de ne pas ôter la licence.
Stallman voulait pousser la logique un peu plus loin. Par exemple,
une notice légale aurait pu autoriser les utilisateurs à redistribuer
des copies, mêmes modifiées, à condition d’accorder à leur tour ce
même droit.
3. Copie conforme sans modification, mot à mot.
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