Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
construisent des bidonvilles, mais personne ne s’intéresse à la seconde étape : sortir les gens de ces bidonvilles. Si vous pensez
que parler des libertés logicielles est une bonne stratégie, s’il vous
plaît, attelez-vous à la seconde étape. Nombreux sont ceux qui
travaillent sur la première. Il nous faut plus de volontaires pour la
seconde. »
Travailler sur la « seconde étape » signifie faire comprendre que
la liberté, et non la soumission, est le problème fondamental du
mouvement du logiciel libre. Ceux qui espèrent réformer l’industrie
des logiciels non libres depuis l’intérieur suivent un chemin sans
issue. « Le changement depuis l’intérieur est risqué, dit Stallman.
À moins de travailler à l’échelon d’un Gorbatchev, vous allez être
neutralisé. »
Des mains se lèvent. Stallman désigne un membre du clan des
polos : « Sans brevet logiciel, comment pensez-vous pouvoir gérer
l’espionnage industriel ?
— Voyez-vous, répond Stallman, ces deux points n’ont vraiment rien à voir l’un avec l’autre.
— Mais je veux dire, si quelqu’un essaie de voler un morceau
de logiciel d’une autre société… »
Stallman recule comme touché par un jet mortel. « Attendez
un instant… Voler ! ? Excusez-moi, il y a tant de présupposés faux
dans cette affirmation que je ne peux rien dire sinon que je les
rejette. » Stallman met alors le doigt sur le véritable enjeu de la
question.
« Les sociétés qui développent du logiciel privatif, entre autres,
conservent par devers elles énormément de secrets commerciaux,
et ce n’est pas près de changer. Dans le bon vieux temps, même
dans les années 1980, la plupart des programmeurs ne savaient
même pas qu’il existait des brevets logiciels, et n’y accordaient
170
construisent des bidonvilles, mais personne ne s’intéresse à la seconde étape : sortir les gens de ces bidonvilles. Si vous pensez
que parler des libertés logicielles est une bonne stratégie, s’il vous
plaît, attelez-vous à la seconde étape. Nombreux sont ceux qui
travaillent sur la première. Il nous faut plus de volontaires pour la
seconde. »
Travailler sur la « seconde étape » signifie faire comprendre que
la liberté, et non la soumission, est le problème fondamental du
mouvement du logiciel libre. Ceux qui espèrent réformer l’industrie
des logiciels non libres depuis l’intérieur suivent un chemin sans
issue. « Le changement depuis l’intérieur est risqué, dit Stallman.
À moins de travailler à l’échelon d’un Gorbatchev, vous allez être
neutralisé. »
Des mains se lèvent. Stallman désigne un membre du clan des
polos : « Sans brevet logiciel, comment pensez-vous pouvoir gérer
l’espionnage industriel ?
— Voyez-vous, répond Stallman, ces deux points n’ont vraiment rien à voir l’un avec l’autre.
— Mais je veux dire, si quelqu’un essaie de voler un morceau
de logiciel d’une autre société… »
Stallman recule comme touché par un jet mortel. « Attendez
un instant… Voler ! ? Excusez-moi, il y a tant de présupposés faux
dans cette affirmation que je ne peux rien dire sinon que je les
rejette. » Stallman met alors le doigt sur le véritable enjeu de la
question.
« Les sociétés qui développent du logiciel privatif, entre autres,
conservent par devers elles énormément de secrets commerciaux,
et ce n’est pas près de changer. Dans le bon vieux temps, même
dans les années 1980, la plupart des programmeurs ne savaient
même pas qu’il existait des brevets logiciels, et n’y accordaient
170
