Sur scène avec Saint Ignucius
aucune attention. Ce qu’il se passait alors, c’est que les gens publiaient les idées intéressantes, et s’ils ne faisaient pas partie du
mouvement du logiciel libre, ils gardaient secrets tous les petits
détails. Aujourd’hui, ils gardent toujours secrets les petits détails,
mais ils font breveter les idées générales. En conséquence, en ce
qui concerne la situation que vous décrivez, les brevets ne font
strictement aucune différence dans un sens ou dans l’autre.
— Mais si ça n’influence pas leur publication…, commence un
autre membre du public, d’une voix tremblante.
— Mais ça l’influence, dit Stallman. La publication de ces brevets signifie que ces idées seront hors de portée du reste de la communauté durant vingt ans. Bon sang mais comment cela pourrait-il
être bénéfique ? De plus, ces brevets sont écrits de manière si illisible — pour à la fois maquiller l’idée et rendre le brevet aussi
général que possible — qu’il devient carrément inutile de chercher
à apprendre quoi que ce soit des informations qui y sont publiées.
La seule raison d’examiner un brevet est de savoir ce que vous
n’avez pas le droit de faire. »
Le silence se fait dans le public. Le discours, qui a débuté à
quinze heures quinze, approche de la sonnerie de dix-sept heures.
La plupart des auditeurs remuent sur leurs sièges et se montrent
impatients de débuter le week-end. Sentant cette fatigue, Stallman regarde le public et met fin précipitamment à la séance. « Il
semble que nous en ayons fini », dit-il, avant d’enchaîner, à la manière d’un commissaire-priseur « une fois… deux fois… adjugé ! »,
décourageant ainsi toute question de dernière minute.
Personne ne lève la main, Stallman lance sa conclusion habituelle : « Hackez bien ! »
171
aucune attention. Ce qu’il se passait alors, c’est que les gens publiaient les idées intéressantes, et s’ils ne faisaient pas partie du
mouvement du logiciel libre, ils gardaient secrets tous les petits
détails. Aujourd’hui, ils gardent toujours secrets les petits détails,
mais ils font breveter les idées générales. En conséquence, en ce
qui concerne la situation que vous décrivez, les brevets ne font
strictement aucune différence dans un sens ou dans l’autre.
— Mais si ça n’influence pas leur publication…, commence un
autre membre du public, d’une voix tremblante.
— Mais ça l’influence, dit Stallman. La publication de ces brevets signifie que ces idées seront hors de portée du reste de la communauté durant vingt ans. Bon sang mais comment cela pourrait-il
être bénéfique ? De plus, ces brevets sont écrits de manière si illisible — pour à la fois maquiller l’idée et rendre le brevet aussi
général que possible — qu’il devient carrément inutile de chercher
à apprendre quoi que ce soit des informations qui y sont publiées.
La seule raison d’examiner un brevet est de savoir ce que vous
n’avez pas le droit de faire. »
Le silence se fait dans le public. Le discours, qui a débuté à
quinze heures quinze, approche de la sonnerie de dix-sept heures.
La plupart des auditeurs remuent sur leurs sièges et se montrent
impatients de débuter le week-end. Sentant cette fatigue, Stallman regarde le public et met fin précipitamment à la séance. « Il
semble que nous en ayons fini », dit-il, avant d’enchaîner, à la manière d’un commissaire-priseur « une fois… deux fois… adjugé ! »,
décourageant ainsi toute question de dernière minute.
Personne ne lève la main, Stallman lance sa conclusion habituelle : « Hackez bien ! »
171
