Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
Le sketch est un moment de légèreté et d’autodérision, une
réponse pleine d’humour à ceux, nombreux, qui pourraient voir en
l’ascétisme logiciel de Stallman une forme déguisée de fanatisme
religieux. C’est aussi le signe qu’il se montre tel qu’il est. Comme
si, en enfilant cette robe et cette auréole, il rassurait finalement le
public et disait : « Riez, je sais que je suis bizarre. »
Rire de la bizarrerie de quelqu’un est grossier et il n’est pas
dans mes intentions de cautionner cela. J’espère que les gens rient
à cause de mon sempiternel numéro de St. IGNUcius.
Évoquant plus tard le personnage de Saint IGNUcius, Stallman raconte qu’il y avait d’abord pensé en 1996, longtemps après
la création d’Emacs, mais bien avant l’émergence du terme open
source et la lutte pour le leadership de la communauté hacker.
Il cherchait à l’époque une façon de « se moquer de lui-même »,
pour rappeler à ceux qui voulaient bien l’entendre que, même s’il
est obstiné, il n’est pas ce fanatique que certains dépeignaient. Ce
n’est que plus tard, ajoute-t-il, que d’autres utilisèrent le personnage pour stigmatiser son image d’idéologue du logiciel.
C’est ce que fit Eric Raymond en 1999 dans une interview sur
le site linux.com : « Quand je dis que RMS calcule son action, je
ne le rabaisse pas et je ne l’accuse pas de malhonnêteté. Je dis
que, comme tout bon communicant, il a un côté cabotin. L’avezvous déjà vu dans son accoutrement de St. IGNUcius, bénissant
le logiciel avec un disque en guise d’auréole ? C’est principalement
inconscient ; il a simplement trouvé la manière d’agacer juste ce
qu’il faut, et d’attirer l’attention du public sans (généralement)
trop l’effrayer. » 8
8. Raymond, 1999c
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