Sur scène avec Saint Ignucius
beaucoup de chemin pour l’atteindre, mais nous en avons déjà parcouru une grande partie. Il est exagérément pessimiste sur le sujet
des valeurs que ne partageraient pas les non-hackers. Beaucoup
d’utilisateurs se sentent davantage concernés par les enjeux politiques sur lesquels nous mettons l’accent que par les arguments
techniques que met en avant l’open source. C’est souvent le cas
des dirigeants politiques, bien que ce ne soit pas le cas dans tous
les pays.
C’est bien l’éthique du logiciel libre, et non la recherche du
‘meilleur logiciel’, qui a persuadé les chefs d’état de l’Équateur
et du Brésil de faire passer les institutions gouvernementales au
logiciel libre. Ils ne sont pas des geeks et pourtant, ils comprennent
ce que signifie la liberté. »
Le principal défaut de l’argumentaire open source, selon Stallman, est qu’il conduit à de bien plus faibles conclusions. Il convainc
la plupart des utilisateurs d’exécuter quelques logiciels libres, sans
toutefois leur donner de bonne raison de migrer entièrement vers le
logiciel libre. Ce compromis ne leur donne de liberté que partiellement, mais ne leur permet pas de reconnaître et d’estimer en tant
que telle cette liberté. Ils sont donc susceptibles d’y renoncer et
de la perdre. Par exemple, que se passe-t-il lorsque l’amélioration
d’un logiciel libre est bloquée par un brevet ?
Les partisans de l’open source sont en général au moins aussi
véhéments que Stallman dans leur opposition aux brevets logiciels. Il en va de même, d’ailleurs, des développeurs de logiciels
privateurs puisque la brevetabilité des logiciels menace également
leurs projets. Stallman fait cependant remarquer que la logique des
brevets restreint l’espace des fonctionnalités qui sont à la portée
de ceux qui développent des logiciels, et montre ainsi en quoi le
point de vue du logiciel libre diffère de celui de l’open source sur
la question.
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