Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
source », a clairement expliqué son refus de suivre le chemin politique de Stallman dans son article de 1999 intitulé « Tais-toi et
montre-leur le code ».
« La rhétorique de Richard Stallman est très séduisante pour
des gens comme nous, les hackers. Nous sommes des penseurs
et des idéalistes et quiconque en appelle aux « principes », à
la « liberté » et aux « droits » trouve facilement un écho chez
nous. Même si nous sommes en désaccord avec certains détails
de son programme, nous voudrions que la rhétorique de Stallman
fonctionne, nous pensons qu’elle devrait fonctionner, mais nous
sommes perplexes et incrédules quand elle échoue sur 95% de la
population, qui ne fonctionne pas comme nous. » 6
Parmi ces 95%, écrit Raymond, on retrouve la majeure partie
des managers, investisseurs et simples utilisateurs d’ordinateurs
qui, du simple fait de leur nombre, définissent la direction générale
du marché du logiciel commercial. Sans moyen pour séduire ces
gens, argumente Raymond, les programmeurs sont condamnés à
développer leur idéologie en marge de la société.
« Quand Richard Stallman insiste pour que nous parlions des
‘droits des utilisateurs d’ordinateurs’, il nous soumet à la dangereuse tentation de répéter des erreurs du passé. Nous devrions
rejeter cette idée — non parce qu’elle serait fausse dans son principe, mais parce que ce type de discours, appliqué au logiciel, ne
convainc personne excepté nous. En réalité, il déroute et fait fuir
la plupart des gens étrangers à notre culture. » 7
Stallman, quant à lui, rejette cette interprétation : « La tentative de Raymond d’expliquer notre échec est trompeuse parce
que nous n’avons pas échoué. Notre dessein est grand, et il reste
6. Raymond, 1999a
7. Ibid.
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