Une morale à l’épreuve
pour s’en occuper, me remémora ô combien ma communauté avait
été détruite. »
Mais Stallman n’aurait guère le temps de pleurer. En dépit
de toutes les passions qu’elle avait provoquées et de tout le travail
consacré à son élaboration, la machine Lisp n’avait donné lieu qu’à
une escarmouche sur le champ des grandes batailles en cours sur
le marché des nouvelles technologies. La course implacable vers la
miniaturisation des ordinateurs apportait avec elle de nouveaux
microprocesseurs plus puissants, qui n’allaient pas tarder à contenir toutes les capacités matérielles et logicielles de la machine, à
l’image d’une métropole moderne dévorant les ruines d’un vieux
village fantôme.
] ] ]
Surfant sur cette vague du microprocesseur, des centaines, pour
ne pas dire des milliers, de logiciels non libres, chacun protégé par
un patchwork de licences utilisateur et de clauses de confidentialité, interdisaient aux développeurs l’examen ou le partage du code
source. Les licences furent d’abord rudimentaires et mal taillées,
mais en 1983, elles étaient devenues assez solides pour satisfaire
les tribunaux et dissuader tout contrevenant potentiel. Le logiciel,
autrefois considéré comme une forme de garniture offerte par les
fabricants pour donner plus de saveur à leurs coûteux systèmes
informatiques, devint rapidement le plat principal. Toujours plus
affamés de jeux et de nouveautés, les utilisateurs en omettaient
de demander la recette, comme on le fait traditionnellement après
chaque repas.
Nulle part cet état de fait n’était plus évident qu’au royaume
de l’ordinateur individuel. Des compagnies comme Apple ou Commodore faisaient la fortune de jeunes entrepreneurs grâce à la vente
141
pour s’en occuper, me remémora ô combien ma communauté avait
été détruite. »
Mais Stallman n’aurait guère le temps de pleurer. En dépit
de toutes les passions qu’elle avait provoquées et de tout le travail
consacré à son élaboration, la machine Lisp n’avait donné lieu qu’à
une escarmouche sur le champ des grandes batailles en cours sur
le marché des nouvelles technologies. La course implacable vers la
miniaturisation des ordinateurs apportait avec elle de nouveaux
microprocesseurs plus puissants, qui n’allaient pas tarder à contenir toutes les capacités matérielles et logicielles de la machine, à
l’image d’une métropole moderne dévorant les ruines d’un vieux
village fantôme.
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Surfant sur cette vague du microprocesseur, des centaines, pour
ne pas dire des milliers, de logiciels non libres, chacun protégé par
un patchwork de licences utilisateur et de clauses de confidentialité, interdisaient aux développeurs l’examen ou le partage du code
source. Les licences furent d’abord rudimentaires et mal taillées,
mais en 1983, elles étaient devenues assez solides pour satisfaire
les tribunaux et dissuader tout contrevenant potentiel. Le logiciel,
autrefois considéré comme une forme de garniture offerte par les
fabricants pour donner plus de saveur à leurs coûteux systèmes
informatiques, devint rapidement le plat principal. Toujours plus
affamés de jeux et de nouveautés, les utilisateurs en omettaient
de demander la recette, comme on le fait traditionnellement après
chaque repas.
Nulle part cet état de fait n’était plus évident qu’au royaume
de l’ordinateur individuel. Des compagnies comme Apple ou Commodore faisaient la fortune de jeunes entrepreneurs grâce à la vente
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