Une morale à l’épreuve
Lab, Stallman indique que plusieurs d’entre eux l’évitaient déjà.
« On ne m’invitait plus à Chinatown, se souvient-il. La coutume
inaugurée par Greenblatt voulait que si vous partiez dîner en ville,
vous fassiez le tour ou envoyiez un message pour proposer à tous
ceux du laboratoire de vous accompagner. C’est vers 1980-1981 que
l’on a cessé de m’inviter. Comme si cela ne suffisait pas, quelqu’un
m’avoua même plus tard qu’on l’avait poussé à me mentir pour
tenir leurs dîners sans moi secrets. »
Stallman avait été blessé par cet ostracisme mesquin, mais il
ne pouvait rien y faire. L’ultimatum de Symbolics fit passer le
problème d’un rejet personnel à une plus grande injustice. Lorsque
la société cessa de redistribuer ses améliorations de code source
à seule fin de mettre en faillite sa concurrente, Stallman décida
de contre-attaquer. En se terrant dans les bureaux du MIT pour
y réécrire chaque nouvelle fonctionnalité, chaque nouvel outil, il
donnait à tous les utilisateurs de machines Lisp, y compris les
clients de LMI, un accès aux mêmes fonctions que celles fournies
par Symbolics.
] ] ]
Son statut de légende vivante n’en fut que renforcé au sein de
la communauté. Déjà consacrée lors de son travail sur Emacs, la
capacité de Stallman à produire seul un travail équivalent à celui
de toute l’équipe des programmeurs de Symbolics (équipe au sein
de laquelle on comptait plus d’un hacker légendaire), constitue
l’un des plus grands exploits humains de l’ère de l’information.
Y voyant le « coup de maître [d’un] John Henry virtuel de la
programmation », l’auteur Steven Levy remarque que nombre des
rivaux de Stallman, chez Symbolics, ne pouvaient faire autrement
que de tenir en estime, même à contrecœur, leur ancien camarade
139
Lab, Stallman indique que plusieurs d’entre eux l’évitaient déjà.
« On ne m’invitait plus à Chinatown, se souvient-il. La coutume
inaugurée par Greenblatt voulait que si vous partiez dîner en ville,
vous fassiez le tour ou envoyiez un message pour proposer à tous
ceux du laboratoire de vous accompagner. C’est vers 1980-1981 que
l’on a cessé de m’inviter. Comme si cela ne suffisait pas, quelqu’un
m’avoua même plus tard qu’on l’avait poussé à me mentir pour
tenir leurs dîners sans moi secrets. »
Stallman avait été blessé par cet ostracisme mesquin, mais il
ne pouvait rien y faire. L’ultimatum de Symbolics fit passer le
problème d’un rejet personnel à une plus grande injustice. Lorsque
la société cessa de redistribuer ses améliorations de code source
à seule fin de mettre en faillite sa concurrente, Stallman décida
de contre-attaquer. En se terrant dans les bureaux du MIT pour
y réécrire chaque nouvelle fonctionnalité, chaque nouvel outil, il
donnait à tous les utilisateurs de machines Lisp, y compris les
clients de LMI, un accès aux mêmes fonctions que celles fournies
par Symbolics.
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Son statut de légende vivante n’en fut que renforcé au sein de
la communauté. Déjà consacrée lors de son travail sur Emacs, la
capacité de Stallman à produire seul un travail équivalent à celui
de toute l’équipe des programmeurs de Symbolics (équipe au sein
de laquelle on comptait plus d’un hacker légendaire), constitue
l’un des plus grands exploits humains de l’ère de l’information.
Y voyant le « coup de maître [d’un] John Henry virtuel de la
programmation », l’auteur Steven Levy remarque que nombre des
rivaux de Stallman, chez Symbolics, ne pouvaient faire autrement
que de tenir en estime, même à contrecœur, leur ancien camarade
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