Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
ciste de Stallman, mais elles reflètent également l’intensité émotionnelle du conflit.
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Si le désespoir de Stallman atteignait un tel degré, c’est qu’il
ressentait comme la « destruction » de son « foyer », la disparition
de la sous-culture très unie des hackers au AI Lab. Au cours d’un
entretien par courrier électronique avec Levy, il allait par la suite
se comparer à la figure historique d’Ishi, le dernier survivant des
Yahis, une tribu du nord-ouest de la côte Pacifique qui fut décimée
lors des guerres indiennes des années 1860 et 1870. Une analogie
qui élève sa lutte pour la survie à un niveau épique, aux frontières
du mythe 14 .
Du côté de Symbolics, on envisageait les choses différemment.
En effet, plutôt que de considérer leur entreprise comme une
force exterminatrice, nombre des collègues de Stallman y voyaient
l’occasion tardive de trouver enfin leur place. En commercialisant
la machine Lisp, la compagnie exportait les principes d’ingénierie
logicielle des hackers hors de la tour d’ivoire du AI Lab, pour les
faire pénétrer le domaine commercial, où les principes de conception étaient dictés par des gestionnaires. Au lieu de voir en Stallman un résistant, beaucoup le considéraient comme un rétrograde.
À tout cela s’additionnaient des conflits personnels. Bien avant
que Symbolics n’ait débauché la majeure partie des hackers du AI
14. Dans son livre Hackers, Steven Levy se réfère à cette période lorsqu’il
écrit que Stallman est « le dernier des vrais hackers ». Mais ne nous y trompons
pas : si Levy utilise l’expression « vrais hackers », c’est pour distinguer la
communauté du MIT de deux autres communautés hackers qu’il décrit et
nomme plus loin dans son livre. C’est lorsque celle du MIT fut dissoute, laissant
Stallman isolé, qu’il devint le dernier des « vrais hackers », une expression que
d’ailleurs jamais Stallman n’a employée pour lui-même.
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ciste de Stallman, mais elles reflètent également l’intensité émotionnelle du conflit.
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Si le désespoir de Stallman atteignait un tel degré, c’est qu’il
ressentait comme la « destruction » de son « foyer », la disparition
de la sous-culture très unie des hackers au AI Lab. Au cours d’un
entretien par courrier électronique avec Levy, il allait par la suite
se comparer à la figure historique d’Ishi, le dernier survivant des
Yahis, une tribu du nord-ouest de la côte Pacifique qui fut décimée
lors des guerres indiennes des années 1860 et 1870. Une analogie
qui élève sa lutte pour la survie à un niveau épique, aux frontières
du mythe 14 .
Du côté de Symbolics, on envisageait les choses différemment.
En effet, plutôt que de considérer leur entreprise comme une
force exterminatrice, nombre des collègues de Stallman y voyaient
l’occasion tardive de trouver enfin leur place. En commercialisant
la machine Lisp, la compagnie exportait les principes d’ingénierie
logicielle des hackers hors de la tour d’ivoire du AI Lab, pour les
faire pénétrer le domaine commercial, où les principes de conception étaient dictés par des gestionnaires. Au lieu de voir en Stallman un résistant, beaucoup le considéraient comme un rétrograde.
À tout cela s’additionnaient des conflits personnels. Bien avant
que Symbolics n’ait débauché la majeure partie des hackers du AI
14. Dans son livre Hackers, Steven Levy se réfère à cette période lorsqu’il
écrit que Stallman est « le dernier des vrais hackers ». Mais ne nous y trompons
pas : si Levy utilise l’expression « vrais hackers », c’est pour distinguer la
communauté du MIT de deux autres communautés hackers qu’il décrit et
nomme plus loin dans son livre. C’est lorsque celle du MIT fut dissoute, laissant
Stallman isolé, qu’il devint le dernier des « vrais hackers », une expression que
d’ailleurs jamais Stallman n’a employée pour lui-même.
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