La commune Emacs
modifier et de redistribuer le code, à la condition de reverser en
retour à la communauté les extensions qu’ils écrivaient. Stallman
disaient de ceux qui adoptaient ce système qu'ils « rejoignaient
la commune Emacs ». Tout comme Teco était devenu plus qu’un
simple éditeur de texte, Emacs était devenu plus qu’un simple
logiciel.
Pour Stallman, il s’agissait d’un contrat social. En 1981, dans
une première note du projet, il décrivait ainsi les termes du
contrat : « Emacs, écrit-il, a été distribué sur la base du partage
communautaire, ce qui signifie que toute amélioration doit m’être
retournée afin d’être incorporée et redistribuée. » 9
À l’origine, Emacs ne fonctionnait que sur le PDP-10, mais rapidement les utilisateurs des autres machines voulurent eux aussi
en faire leur éditeur. Le rythme des innovations se maintint durant
toute la décennie, amenant une foule de programmes à la Emacs,
mais dotés de différents degrés d’interopérabilité. Ils n'étaient pas
soumis aux règles de la commune Emacs car leur code en était
séparé. Certains évoquaient leur relation avec l’Emacs original de
Stallman au moyen d’appellations récursives humoristiques : Sine
(Sine Is Not Emacs), Eine (Eine is not Emacs) et Zwei (Zwei
Was Eine Initially). Cependant, pour mériter d'être qualifié de
véritable Emacs, un éditeur se devait de fournir à l’utilisateur les
mêmes possibilités de programmation que l'Emacs original. À défaut, même avec des raccourcis clavier similaires, il n’était considéré que comme un « ersatz d'Emacs » — tel était le cas de Mince
(Mince is Not Complete Emacs).
Alors que Stallman développait Emacs au AI Lab, un autre
événement était en passe de semer la confusion dans la communauté hacker. En 1979, Brian Reid décida en effet d’implémenter
9. Ibid. note : Emacs Distribution.
119
modifier et de redistribuer le code, à la condition de reverser en
retour à la communauté les extensions qu’ils écrivaient. Stallman
disaient de ceux qui adoptaient ce système qu'ils « rejoignaient
la commune Emacs ». Tout comme Teco était devenu plus qu’un
simple éditeur de texte, Emacs était devenu plus qu’un simple
logiciel.
Pour Stallman, il s’agissait d’un contrat social. En 1981, dans
une première note du projet, il décrivait ainsi les termes du
contrat : « Emacs, écrit-il, a été distribué sur la base du partage
communautaire, ce qui signifie que toute amélioration doit m’être
retournée afin d’être incorporée et redistribuée. » 9
À l’origine, Emacs ne fonctionnait que sur le PDP-10, mais rapidement les utilisateurs des autres machines voulurent eux aussi
en faire leur éditeur. Le rythme des innovations se maintint durant
toute la décennie, amenant une foule de programmes à la Emacs,
mais dotés de différents degrés d’interopérabilité. Ils n'étaient pas
soumis aux règles de la commune Emacs car leur code en était
séparé. Certains évoquaient leur relation avec l’Emacs original de
Stallman au moyen d’appellations récursives humoristiques : Sine
(Sine Is Not Emacs), Eine (Eine is not Emacs) et Zwei (Zwei
Was Eine Initially). Cependant, pour mériter d'être qualifié de
véritable Emacs, un éditeur se devait de fournir à l’utilisateur les
mêmes possibilités de programmation que l'Emacs original. À défaut, même avec des raccourcis clavier similaires, il n’était considéré que comme un « ersatz d'Emacs » — tel était le cas de Mince
(Mince is Not Complete Emacs).
Alors que Stallman développait Emacs au AI Lab, un autre
événement était en passe de semer la confusion dans la communauté hacker. En 1979, Brian Reid décida en effet d’implémenter
9. Ibid. note : Emacs Distribution.
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