La commune Emacs
des hackers, le nombre excessif de fonction avait fini par conduire
à des incompatibilités.
« Nous nous trouvions face à une Tour de Babel, raconte Guy
Steele. Voilà qui menaçait de tuer l’esprit qui l’avait fait naître. »
Les hackers avaient en effet conçu l’ITS pour faciliter le partage de
leurs connaissances et améliorer le travail de chacun. Cela signifiait pouvoir s’asseoir au bureau d’un autre programmeur, ouvrir
un de ses projets et faire des commentaires et des modifications
directement dans le programme. Parfois, la manière la plus simple
de montrer à quelqu’un comment programmer ou déboguer était
simplement de s’asseoir au terminal et de le faire à sa place »,
explique Steele.
Dès sa deuxième année d’existence, la possibilité d’étendre
Teco par macro mettait à mal cette souplesse. Dans leur envie
d’utiliser à fond les nouvelles fonctionnalités du mode plein écran,
les hackers avaient tellement transformé leurs versions respectives
de Teco, qu’il était devenu impossible d’utiliser le terminal d’un
autre sans passer la première heure à chercher ce que faisait telle
ou telle macro.
Frustré, Steele prit sur lui de régler le problème. Il se pencha
sur les quatre packages de macros existantes pour en déduire un
diagramme des commandes les plus utiles. Alors qu’il commençait
à l’implémenter, l’attention de Stallman fut attirée.
« Il a commencé à regarder par-dessus mon épaule et m’a demandé ce que je faisais », se souvient-il. Pour ce hacker discret,
qui échangeait rarement avec Stallman, le souvenir reste vif. Au AI
Lab, il arrivait souvent qu’un hacker regarde par-dessus l’épaule
d’un autre pendant qu’il travaillait. Mais Stallman était responsable de la maintenance de Teco au sein du laboratoire.
Il jugea le travail de Steele « intéressant » et se mit rapidement
à l’ouvrage pour l’achever. « J’aime dire que j’ai implémenté le
117
Précédent

- 140/358

Suivant