Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
Stallman réimplémenta cette fonction pour exploiter l’écran en
entier et de manière efficace. Il étendit ensuite cette fonction d’une
manière subtile mais fondamentale, en associant des chaînes de
commandes Teco (ou « macro ») à des combinaisons de touches.
Les utilisateurs avancés de Teco, qui savaient sauvegarder leurs
macros sous forme de fichier, pouvaient ainsi appeler leurs macros
très facilement.
Alors qu’auparavant les utilisateurs tapaient une série de commandes qui s’évaporaient aussitôt, le hack de Stallman donnait la
possibilité de sauvegarder les macros dans un fichier, pour les solliciter à nouveau, à volonté. Le résultat éleva Teco au rang d’éditeur
wysiwyg. « C’était là la réelle avancée », relate Guy Steele, hacker
au AI Lab durant cette période.
De ce que s’en rappelle lui-même Stallman, ce hack déclencha une explosion d’autres innovations. « Chacun y allait de sa
propre collection de commandes personnelles d’édition, à raison
d’une pour chaque chose qu’il aimait faire habituellement. Les
gens se les passaient, les amélioraient, les rendant plus puissantes
et plus génériques. Ces séries de commandes redéfinies devinrent
elles-mêmes peu à peu des utilitaires du système à part entière. »
Tant de gens trouvèrent cette innovation utile et
l’incorporèrent à leurs propres programmes Teco que l’éditeur
lui-même devint secondaire à la macro-mania qu’il avait lancée.
« Nous commencions à le considérer mentalement comme langage
de programmation plutôt qu’éditeur de texte, raconte Stallman.
Les utilisateurs prenaient un grand plaisir à bidouiller eux-mêmes
le logiciel et à s’échanger de nouvelles idées 7 . »
Deux ans après cette explosion, le rythme des innovations se
mit à avoir des effets secondaires indésirables. S’il avait certes validé, de façon excitante, le mode de fonctionnement collaboratif
7. Ibid.
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