Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
les drogues, comme la majorité des hackers, il appréciait la sensation d’euphorie récompensant une session de programmation de
vingt heures.
Au-delà de ces sensations physiques, c’est encore le sentiment
de l’accomplissement personnel qui était le plus appréciable, surtout en programmation, l’élément naturel de Stallman. Une enfance passée à étudier le soir l’avait habitué à travailler de longues
heures sans dormir. Socialement inadapté depuis l’âge de dix ans,
il avait peu de difficulté à œuvrer seul. De plus, le mathématicien
naturellement doué pour la logique, clairvoyant sur les enchaînements de causes et de conséquences, savait dépasser les écueils de
conception qui laissaient la majorité des autres hackers tourner en
rond.
« Il était particulier », se souvient Gerald Sussman, chercheur
au AI lab et, depuis 1985, membre du bureau de la FSF. Le décrivant comme « un penseur clair et un concepteur clair », Sussman
invita Stallman à le rejoindre sur deux projets de recherche au
AI Lab en 1973 et 1975, projets visant à créer des programmes
d’intelligence artificielle capables d’analyser des circuits à la manière d’un ingénieur humain. Il fallait pour cela une maîtrise experte de Lisp, langage de programmation construit spécifiquement
pour de telles applications, ainsi que la compréhension (fournie par
Sussman) de la façon dont un être humain aborderait la même
tâche. Le projet de 1975 fut novateur : il créa la technique dite du
« recul non chronologique » ou « conservation de la cohérence »,
consistant à poser des hypothèses, à rechercher les éventuelles
contradictions qui en découlent et, le cas échéant, à reconsidérer
les hypothèses de départ.
] ] ]
Lorsqu’il ne planchait pas sur ces travaux officiels, Stallman
consacrait son temps à des projets plus personnels. Voyant comme
112
les drogues, comme la majorité des hackers, il appréciait la sensation d’euphorie récompensant une session de programmation de
vingt heures.
Au-delà de ces sensations physiques, c’est encore le sentiment
de l’accomplissement personnel qui était le plus appréciable, surtout en programmation, l’élément naturel de Stallman. Une enfance passée à étudier le soir l’avait habitué à travailler de longues
heures sans dormir. Socialement inadapté depuis l’âge de dix ans,
il avait peu de difficulté à œuvrer seul. De plus, le mathématicien
naturellement doué pour la logique, clairvoyant sur les enchaînements de causes et de conséquences, savait dépasser les écueils de
conception qui laissaient la majorité des autres hackers tourner en
rond.
« Il était particulier », se souvient Gerald Sussman, chercheur
au AI lab et, depuis 1985, membre du bureau de la FSF. Le décrivant comme « un penseur clair et un concepteur clair », Sussman
invita Stallman à le rejoindre sur deux projets de recherche au
AI Lab en 1973 et 1975, projets visant à créer des programmes
d’intelligence artificielle capables d’analyser des circuits à la manière d’un ingénieur humain. Il fallait pour cela une maîtrise experte de Lisp, langage de programmation construit spécifiquement
pour de telles applications, ainsi que la compréhension (fournie par
Sussman) de la façon dont un être humain aborderait la même
tâche. Le projet de 1975 fut novateur : il créa la technique dite du
« recul non chronologique » ou « conservation de la cohérence »,
consistant à poser des hypothèses, à rechercher les éventuelles
contradictions qui en découlent et, le cas échéant, à reconsidérer
les hypothèses de départ.
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Lorsqu’il ne planchait pas sur ces travaux officiels, Stallman
consacrait son temps à des projets plus personnels. Voyant comme
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