La commune Emacs
tout hacker l'intérêt d’améliorer l’infrastructure logicielle du laboratoire, Stallman investit des efforts particuliers dans Teco,
l’éditeur de texte du laboratoire.
Le travail de Stallman sur Teco dans les années 1970 est intimement lié à l’histoire de son leadership futur au sein du mouvement
du logiciel libre. C’est également un stade important de l’histoire
de l’informatique, au point qu’en retracer un bref résumé s’impose.
Durant les années 1950-1960, alors que les ordinateurs faisaient
leur première apparition dans les universités, la programmation
informatique était une chose incroyablement abstraite. Pour communiquer avec la machine, les programmeurs créaient une série de
cartes perforées, dont chacune représentait une commande logicielle unique. Ils passaient ensuite ces cartes à un administrateur
du système central, qui les insérait une à une dans la machine,
attendant qu’en ressorte une nouvelle série, que les programmeurs
déchiffraient alors comme données de sortie.
Cette procédure, appelée « traitement par lots » (batch processing) était lourde et très longue. Elle offrait aussi un terrain pour
les abus de pouvoir. L’une des raisons de l’aversion spontanée des
hackers pour la centralisation était d’ailleurs le pouvoir détenu par
les premiers opérateurs système, qui décidaient quels lots seraient
exécutés en priorité.
En 1962, les informaticiens et hackers participant au projet
MAC, un précurseur du AI Lab, prirent des mesures pour alléger
cette frustration. Le partage de temps (time-sharing), originellement appelé « vol de temps » (time stealing), donnait la possibilité
à de multiples programmes de profiter des capacités opératoires de
la machine. Les interfaces télétypes rendaient possible la communication avec un ordinateur, non pas grâce à une série de cartes
perforées, mais avec du texte. Un programmeur tapait les commandes et lisait ligne par ligne le résultat généré par la machine.
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