La commune Emacs
qui présentaient un attrait immédiat. L’énergie de faire autre chose
était annihilée. J’étais totalement désespéré. »
] ] ]
Stallman concentra alors toute son énergie dans son travail au
AI Lab, se mettant plus encore en retrait du monde. En octobre
1975, il abandonna ses études au MIT et ses études de physique,
pour ne plus jamais y revenir. La programmation, autrefois un
passe-temps, était devenue sa vocation.
Rétrospectivement, Stallman juge inévitable cette transition
d’étudiant à hacker. Tôt ou tard, croit-il, l’appel des sirènes de
la programmation aurait été plus puissant que ses autres intérêts
professionnels. « En physique et en mathématiques, je ne trouvais
pas de moyen d’apporter ma contribution, dit-il au souvenir des
efforts précédant sa blessure au genou. J’aurais été fier d’apporter
ma pierre à l’un ou l’autre de ces domaines, mais je ne voyais
pas comment. Je ne savais par où commencer. En programmation
au contraire, je voyais immédiatement comment écrire des programmes qui fonctionneraient et seraient utiles. C’était grisant et
cela m’amenait à toujours vouloir en faire plus. »
Stallman n’était pas le seul à assimiler programmation et
plaisir. Bien des hackers du AI Lab exhibaient fièrement des
cursus universitaires incomplets. La plupart venait poursuivre
des études de mathématiques ou de génie électronique et finissaient par troquer carrière universitaire et ambition professionnelle pour l’exaltation pure et simple qui accompagnait la résolution de problèmes jusque là inédits. Comme Saint Thomas
d’Aquin, scolastique réputé pour avoir travaillé si longuement à
son traité théologique qu’il en avait des visions spirituelles, les hackers parvenaient à des états transcendants à force de concentration mentale et d’épuisement physique. Bien que Stallman évitât
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