Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
Déterminé malgré cela à poursuivre ses études de physique, il
s’inscrivit en second cycle au MIT, choix tout naturel. Non seulement cela lui fournissait l’opportunité de suivre les pas d’étudiants
renommés de l’école tels que William Shockley (1936), Richard P.
Feynman (1939), et Murray Gell-Mann (1951), mais cela le rapprochait aussi — de trois kilomètres — du AI Lab et de son nouvel
ordinateur, le PDP-10. « Je m’orientais de façon certaine vers la
programmation, mais tout en me disant que, peut-être, j’arriverais
à faire les deux », confie-t-il.
Travaillant dur les matières scientifiques du second cycle universitaire la journée, et programmant le soir dans les confins monastiques du AI Lab, Stallman essayait de maintenir le parfait
équilibre. Ce jeu de bascule n’était mis entre parenthèses que lors
de sa séance hebdomadaire avec le Folk-Dance Club, seule sortie lui garantissant un minimum d’interaction sociale avec le sexe
opposé.
C’est à la fin de cette première année au MIT que le désastre se
produisit : une blessure au genou le contraignit à cesser la danse.
Stallman n’y vit d’abord qu’un problème temporaire : il continua
à se rendre au Club pour parler avec ses amis, tout en écoutant
la musique qu’il appréciait. Mais à la fin de l’été, la rentrée approchant, il commença à s’inquiéter. « L’état de mon genou ne
s’améliorait pas, se souvient-il, ce qui voulait dire qu’il y avait un
fort risque que je ne puisse plus jamais danser. J’en avais le cœur
brisé. »
Sans dortoir ni danse, l’univers social de Stallman venait
d’imploser. Danser était pour lui le seul moment où il pouvait
s’attendre à un certain succès avec la gent féminine. Ne plus pouvoir danser, déjà pénible en soi, pouvait signifier la fin des sorties
avec le sexe opposé.
« J’avais l’impression que toute énergie m’avait quitté, se souvient Stallman. Je n’avais plus de force pour rien, hormis les choses
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