Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
terme « open source » 21 , on comprend sa réticence à participer à
de récents projets de coalition. Stallman a en effet passé les dernières décennies à se battre au nom du logiciel libre, et ce terme
est porteur d’une bonne part de son capital politique.
Des saillies telles que la boutade sur Han Solo au LinuxWord
de 1999 n’ont fait que renforcer, pour les conformistes voyant le
grégarisme comme une vertu, sa réputation de conservateur aigri
résistant à toute mode politique ou économique.
« J’admire et respecte Richard pour tout le travail qu’il a accompli », confia Robert Young, président de la compagnie Red
Hat, à propos de la conduite politique paradoxale de Stallman.
« Ma seule critique tiendrait au fait que parfois Richard traite
plus mal ses amis que ses ennemis. »
Le terme d’amis ne conviendrait qu’en partie à des gens comme
Young ou à des entreprises comme Red Hat. Il serait justifié si l’on
ne prenait en compte que certaines de leurs actions, comme la
contribution qu’ils apportent au développement des logiciels libres,
y compris de certains programmes GNU. Or, Red Hat freine par
ailleurs ce mouvement, notamment en incluant des logiciels non
libres dans les versions de GNU/Linux qu’ils distribuent. Et si
l’on se place sur le simple plan de la communication, le fait qu’ils
désignent l’ensemble du système par le seul mot « Linux » au lieu
de « GNU/Linux » est tout sauf amical vis-à-vis du projet GNU ;
de même, promouvoir l'open source plutôt que le logiciel libre trahit
nos valeurs. Je peux travailler avec Young et Red Hat quand nous
allons dans la même direction, mais cela arrive trop peu souvent
pour les considérer comme des alliés.
] ] ]
21. Sur l’expression « open source » et ses enjeux, voir le chapitre 8 — NdT.
102
Précédent

- 125/358

Suivant