Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
également besoin de permettre — nous devons permettre — même
la redistribution non commerciale au grand public pour l’unique
plaisir de la chose : il y a tant de gens qui veulent le faire et
trouvent cela très utile ! »
] ] ]
Lorsque je demandai si les cours de justice pourraient jamais accepter d’être aussi permissives, Stallman m’interrompit :
« Vous ne posez pas la bonne question, et vous changez complètement de sujet. Vous mélangez la question de l’éthique, et celle
de l’interprétation de la loi. Et ce sont deux questions totalement
indépendantes, qu’il est inutile de relier. Les juges continueront de
toute façon à interpréter les lois existantes avec sévérité, puisque
ces lois ont été commandées par les grosses compagnies d’édition
dans ce seul but. »
Ce commentaire illustre bien la philosophie politique de Stallman. Que l’arsenal juridique soit le soutien des entreprises qui
veulent assimiler le copyright à une réplique logicielle de la traditionnelle propriété foncière n’oblige en rien les utilisateurs de
logiciels à jouer un tel jeu. La liberté est en effet une question
éthique, et non juridique.
« Au-delà des lois telles qu’elles existent, je vois ce qu’elles
devraient être, dit-il. Je n’essaie pas de proposer une législation, je
me demande plutôt à quoi elle devrait servir. Pour moi, une loi qui
interdit de partager avec des amis a aussi peu de fondement moral
que les lois Jim Crow 20 ; elle ne mérite pas qu’on la respecte. »
20. Jim Crow est un personnage de café-théatre, né en 1828 et interprété
par Thomas Dartmouth « Daddy » Rice dans la chanson Jump Jim Crow,
archétype de l’Afro-Américain du Deep South vu par les Blancs. Ce nom fut
repris pour un ensemble de lois sur la ségrégation raciale, promulguées par
100
également besoin de permettre — nous devons permettre — même
la redistribution non commerciale au grand public pour l’unique
plaisir de la chose : il y a tant de gens qui veulent le faire et
trouvent cela très utile ! »
] ] ]
Lorsque je demandai si les cours de justice pourraient jamais accepter d’être aussi permissives, Stallman m’interrompit :
« Vous ne posez pas la bonne question, et vous changez complètement de sujet. Vous mélangez la question de l’éthique, et celle
de l’interprétation de la loi. Et ce sont deux questions totalement
indépendantes, qu’il est inutile de relier. Les juges continueront de
toute façon à interpréter les lois existantes avec sévérité, puisque
ces lois ont été commandées par les grosses compagnies d’édition
dans ce seul but. »
Ce commentaire illustre bien la philosophie politique de Stallman. Que l’arsenal juridique soit le soutien des entreprises qui
veulent assimiler le copyright à une réplique logicielle de la traditionnelle propriété foncière n’oblige en rien les utilisateurs de
logiciels à jouer un tel jeu. La liberté est en effet une question
éthique, et non juridique.
« Au-delà des lois telles qu’elles existent, je vois ce qu’elles
devraient être, dit-il. Je n’essaie pas de proposer une législation, je
me demande plutôt à quoi elle devrait servir. Pour moi, une loi qui
interdit de partager avec des amis a aussi peu de fondement moral
que les lois Jim Crow 20 ; elle ne mérite pas qu’on la respecte. »
20. Jim Crow est un personnage de café-théatre, né en 1828 et interprété
par Thomas Dartmouth « Daddy » Rice dans la chanson Jump Jim Crow,
archétype de l’Afro-Américain du Deep South vu par les Blancs. Ce nom fut
repris pour un ensemble de lois sur la ségrégation raciale, promulguées par
100
