Une oasis de liberté
du logiciel libre. Entre ses visites en Inde, en Chine et au Brésil,
Stallman n’avait passé que douze des cent quinze derniers jours
sur le sol américain. Ses voyages lui avaient donné l’opportunité
de voir comment le concept du logiciel libre se traduisait dans
différentes langues et dans d’autres cultures.
« En Inde, beaucoup sont intéressés par les logiciels libres parce
qu’ils y voient un moyen de construire une infrastructure informatique sans dépenser une fortune. En Chine, le concept met du
temps à s’enraciner. Comparer le logiciel libre à la liberté de parole est plus compliqué lorsqu’il n’y a justement pas de liberté de
parole. Mais quand même, l’intérêt accordé au logiciel libre était
sérieux, lors de ma dernière visite. »
] ] ]
La conversation se tourna vers Napster, la compagnie de logiciels de San Mateo en Californie, devenue une célébrité dans les
médias ces derniers mois 9 . La compagnie avait mis sur le marché un outil informatique controversé, qui laissait les mordus de
musique échantillonner et télécharger les fichiers d’autres mordus
de musique. Grâce au pouvoir attractif de l’Internet, ce logiciel
soi-disant pair-à-pair (peer-to-peer ou P2P) était devenu de facto
un véritable juke-box en ligne, donnant le moyen à tout amateur
d’écouter de la musique en format MP3 sur son ordinateur sans
payer de droits, au grand dam des compagnies de disques.
Bien que basé sur la plate-forme d’un logiciel non libre, le système Napster tirait son inspiration d’une thèse longtemps soutenue par Stallman, à savoir qu’une fois une œuvre passée sous
forme numérique (en d’autres termes, lorsqu’il n’était plus question de dupliquer des sons ou des atomes mais de dupliquer de
9. En 2002 — NdT.
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